Soilwork - The Ride Majestic

 

Avec The Living Infinite Soilwork s'est lancé le défi de réaliser un double album. Un défi courageux qui avait montré ses faiblesses tant les meilleurs titres des deux albums auraient fait un seul excellent disque. Il faut dire que des piliers de la scène de Göteborg, les travailleurs sont parmi ceux qui vieillissent le mieux et ont bien maîtrisé leur reconversion plus moderne depuis quelques années déjà. Bien que les suédois aient connus de nombreux changement de line-up (avec notamment le départ de leur compositeur historique Peter Wichers en 2012), The Ride Majestic est le premier album auquel le bassiste Ola Flink ne participe pas. Il est remplacé par Markus Wibom, anciennement du groupe de « metallic core » Hearts Alive.

Que dire alors de ce Ride Majestic ?

Comme tant de formations metal avant lui, Soilwork a décidé de parler de la vie et de la mort, après une période au cours de laquelle chaque membre a perdu un proche et où Björn « Speed » Strid a vu le batteur de Chronus, Martin, âgé de 19 ans partir brutalement. L'on en déduira donc surtout vu l'artwork que The Ride Majestic sera plus sombre et peut être plus violent que ses prédécesseurs directs.

Pourtant avec l'éponyme rien ne nous éloigne vraiment de The Living Infinite, refrain imparable, mélodies entêtantes, couplets plus énervés. Mais dès « Alight In The Aftermath » voilà que l'on est surpris par des blasts dans tous les sens et une ambiance générale bien plus brutale. Cependant le refrain reste mélodique et ce n'est pas ce « Death In General » à l'ambiance plus pesante, sur lequel Björn arrive encore à nous surprendre (quel putain de chanteur!), qui va changer cette impression que le sextet ne s'est pas fait plus sérieux. Car certes les mélodies et les refrains ultra efficaces sont toujours de la partie mais comme pour ce « Death In General » l'ambiance est bien plus sombre et pesante tandis que des influences plus death old school font bien souvent leur apparition. Le grand gagnant de cette orientation est donc sans grande surprise Dirk Verbeuren, qui peut faire étalage de toute sa technique. Qui soyons clair se met toujours au service des morceaux.

« The Phantom » suit à nouveau cette direction mais voilà sûrement le titre le plus rentre dedans de l'album (en compétition avec « Shining Lights »), lui qui bénificie de l'aide de Pascal Poulsen d'Odium. Ici cependant il faut être honnête le refrain mélodique paraît un peu hors de propos dans cette avalanche death metal, à croire que le groupe pense qu'il lui faut toujours un contrepoint mélodique aujourd'hui. La dernière fois que le groupe s'est montré intensif d'un bout à l'autre d'un morceau remonte à The Panic Broadcast (2010) et son premier excellent morceau : « Late For The Kill, Early For The Slaughter » et cette intensité soutenue fait un peu défaut à « The Phantom ». Contrairement à ce que l'on pourrait croire « The Ride Majestic (Aspire Angelic) » n'est en rien une autre version de l'éponyme mais un premier titre plus aéré qui amène vers la power ballade « Whirl Of Pain », moins marquante que « Let This River Flow » mais qui a le mérite de permettre une respiration dans ce déluge de riffs et de mélodies. L'album se termine comme le veut la tradition par un titre plus épique au refrain assez grandiloquent, « Father And Son Watching The World Go Down », sur lequel Björn est cette fois aider par Nathan James Biggs de Sonic Syndicate (oui visiblement ce groupe existe encore).

Alors cet album se montre plus cohérent et plus efficace que son prédécesseur, dont le véritable point faible était sa longueur. Comme bien souvent on regrette un peu que les claviers de Sven Karlsson soit relégué au rang d'arrangements dans le mix. L'égo de ce mec doit être inexistant tant on a l'impression sur certains albums qu'il n'est pas là !

La direction plus brutale et sombre de The Ride Majestic permet une certaine surprise mais le groupe réussit à maintenir son cap et les mélodies et refrains typiques du groupe sont bien là. Certains regretteront que la scission n'ait pas été plus forte avec leurs derniers essais mais cet album a le mérite d'essayer autre chose.

Les fans des travaux les plus récents de Soilwork ne seront pas vraiment dépaysés et profiteront de cet album plus frontal, tandis que les plus vieux fans qui auraient pu espérer un virage réellement plus brutal resteront quelque peu sur leur faim face à cet album qui a quelque peu le cul entre deux chaises. Ou serait ce entre vie et mort ? Quoiqu'il en soit The Ride Majestic ne fait pas honte à ce groupe majeur de la scène que l'on retrouvera avec plaisir sur les routes européennes avec Hatesphere et nos compatriotes de T.A.N.K en fin d'année.