Spiders - Shake Electric

Si Spiders n'est pas encore très connu, ses membres fondateurs ne sont pas des nouveaux venus : John Hoyles (guitare, ex-Witchcraft) et Axel Sjöberg (batterie, Graveyard). Si le second a depuis quitté la formation, il n'empêche que le premier continue l'aventure après un EP éponyme en 2011 et un premier album, Flash Point en 2012.


Line-up :

Ann-Sofie Hoyles (chant)
John Hoyles (guitare)
Olle Griphammar (basse)
Ricard Harryson (batterie)

La mode du revival n'en finit plus et après le succès massif de Blues Pills récemment, on peut se dire que Spiders a une carte à jouer. Car comme le combo américano/franco/suédois, les suédois (eux ont le mérite de faire simple à ce niveau là) proposent du rock'n'roll tout droit issu des 70's mené par une charmante chanteuse : Ann-Sofie Hoyles (qui est bien la femme du guitariste John Hoyles, pour ceux qui se poseraient la question).

Dès « Mad Dog » le ton de l'album est donné, son 70's, riff groovy à la limite entre rock et stoner/doom. Rien d'étonnant à ce que des relents de Black Sabbath ou de Pentagram se fassent sentir, le compositeur principal vient tout de même d'un groupe qui a commencé comme un tribute à Pentagram (Witchcraft pour rappel). Il est clair que si le groupe en restait là, il n'aurait que peu d'intérêt à l'heure où la scène stoner/doom est plus prolifique que jamais. Non le groupe se démarque par une approche beaucoup plus FM que ses pairs et des titres qui n'appuient pas la lourdeur de ses riffs. C'est ainsi que l'éponyme, « Shake Electric », se greffe plus vite qu'un morpion à votre enveloppe charnelle avec une approche bien plus directe qui rappelle (à cause principalement du chant féminin ne nous mentons pas) les Runaways. Preuve que le groupe ose une approche FM, le riff de « Bleeding Heart » me rappelle le « Hit Me With Your Best Shot » de Pat Benatar, tandis que « Give Up The Fight » rappelle plus les débuts de Kiss. Pour ce faire les araignées utilisent de nombreux arrangements : harmonica (« Shake Electric »), percussions, guitare reggae et piano sur la ballade « Hard Times ». Un héritage d'ABBA ?

 Forcément pour les « trv3 », Spiders risque d'être trop « radio friendly » mais il est bien difficile de résister à toutes ces douces mélopées. Ca n'est pas la voix de Ann-Sofie qui va nous rebuter, elle qui colle parfaitement au propos du groupe sans être foncièrement variée. On peut d'ailleurs dire sans prendre trop de risques qu'objectivement si bataille entre Blues Pills et Spiders il doit y avoir, niveau chant ce sont bien les premiers qui gagnent. « Control » est quant à lui un essai plus rentre dedans et simpliste dans son approche.

Alors comme la plupart de ses comparses se lançant dans le revival Spiders ne créé pas grand chose, on peut alors le prendre comme une pompe éhontée et juste un album de plus qui rappellera aux vieux l'époque où ils avaient encore des cheveux sur le caillou. Pourtant Spiders avec son côté plus FM et son talent indéniable pour proposer des titres entraînants se montre largement au niveau tout en étant très différent de la plupart de ces fameux comparses (Witchcraft et Graveyard en tête).

Dans ces conditions chacun choisira son camp selon ses goûts, les plus old school ont de quoi se gaver avec Shake Electric, les maniaques de l'originalité et de la modernité peuvent en revanche passer leur chemin, peut être à tort car le quatuor se montre tout à fait irréprochable sur ce second essai.