Steel Panther, Inglorious - Le Splendid - Lille - Le 08/10/2016

 

Depuis quelques années maintenant, les nostalgiques n’ont de yeux que pour Steel Panther qui a fait raviver la flamme du Glam Metal en devenant le digne héritier de toute une époque - Vous savez tout ce beau monde mis en lumière dans le nouveau livre de Jean-Charles Desgroux, Hair Metal - Sunset Strip Extravanganza ! - Oui, et la flamme a été ravivée par de nombreux groupes comme Crashdïet, Vains Of Jenna, ou même Crazy Lixx… Mais c’est bien Steel Panther a remporté la palme de la provocation et depuis son arrivée dans les bacs ! Bref, ce soir, c’est la « toute première fois » à Lille pour Steel Panther ! Et le groupe comptait bien à ce que ce show rentre dans les annales. Mais si les Lilloises sont faciles à taquiner comme Michael Starr aime le dire, la chaleur et l’extravagance ont-elles été au rendez-vous ce soir ?!

En guise de préliminaires, c’est Inglorious qui les accompagne… Ce genre de formations, qui reste discrète, voire timide - oh la coquine - mais dont le succès ne cesse d’évoluer au fil du temps ! Oui, ce genre de concerts, on en veut encore et encore ! Vous rappelez-vous ? Le chanteur était sacrément en voix et montrait qu’il s’y connaissait bien en variant les intonations vocales ! En plus, le maître de cérémonie est fort d’un charisme dont beaucoup de monde devrait s’inspirer ! En ce qui concerne la rédaction, elle a toujours en tête l’image d’un homme humble, qui claque des doigts en guise de métronome pour exécuter quelques somptueux déhanchés. Incroyable. 

Mais bien sûr, qui dit Classic Rock, sous entend musiciens qui suivent derrière et qui n’hésitent pas à surprendre un cortège de fans qui a pourtant déjà tout vu ! Andreas Eriksson, premier du nom, s’amuse à imiter un certain Ritchie Blackmore avec son chapeau plumé… Vouloir ressembler à un musicien d’exception est une chose, s’approcher de la perfection en est une autre ! Et pourtant, la rédaction a eu peur… Le jeune guitariste s’est vu effilocher une de ses cordes, et ce dès le premier morceau… Pas grave, le bonhomme oublie ce défaut de circonstance et a prouvé durant les quarante minutes de set de quel bois il se chauffait, notamment lorsqu’il a exécuté les reprises de Rainbow « I Surrender » et de Whitesnake « Fool For Your Loving ». Excellent. 

Mais réduire ce groupe à deux membres serait bien trop préjudiciable… Les trois autres musiciens ne sont pas en reste et comptent bien le prouver ! Le tandem basse/batterie en aura surpris plus d’un lors d’un solo assez technique, durant lequel Colin Parkinson a fait vibrer un public qui n’attendait que ça… En ce qui concerne le cas Colin Parkinson, le guitariste rythmique, il semblait un peu à part, peut-être dépassé par les événements - « Il n’arrive pas à la cheville de l’autre dandy soliste » - ont dit certains, mais qu’importe, son concert était tout de même assez honorable ! 

Il ne reste que deux morceaux, et le groupe a déjà présenté pas mal de titres issus de son premier album… Mais Nathan James ne compte pas en rester là et délivre un blues après avoir proposé au public d'aller à sa rencontre après le concert ! « On sera au bar après pour boire des coups après et si vous voulez, vous pourrez même venir vous frotter à ma chemise bien que trempée soit-elle, on est à un concert de Steel Panther, n’est-ce pas ? Tout peut arriver ! ». Oui, le groupe est exténué à la fin de ce concert et le public conquis… Une dernière preuve de ce sujet sans borne ? La groupe a vendu tous ses CDs et il ne lui reste que des t-shirts… ! 

Quelle bande sonore ! Les trente minutes d’entracte nous permettent d’écouter une énième fois tous ces bons classiques de Hard Rock… On aura écouté du bon vieux Van Halen, du Motley Crüe, du Black Sabbath, du Ozzy, et du Kiss, ce « I Love It Loud » qui assurera l’entrée sur scène des Steel Panther sur « Eyes Of A Panther » ! Place à l’exubérance et la débauche musicale ! Les Californiens déboulent sur scène et se dandinent comme jamais ! C’est à dire que Michaël, le frontman, est en forme et sait s'y faire avec un public composé à 80% de fans en chaleur ! 

Et c’est après « Just Like Tiger Woods » que la formation comme à son habitude, prend le temps de se présenter ! Ils sont là pour voir des « boobies » et ils ne cesseront, et ce durant tout le set, de se lancer quelques vannes pour décontracter l’ambiance ! Oui, les Steel Panther assurent dans la langue de Molière ! Satchel dit de son chanteur qu’il a « une petite bite » et invite le public à lui sucer la pine ! Bref, le public est là pour faire la fête, comme si la fin du monde était proche: « Party Like Tomorrow Is The End Of The World » ! Le morceau fait un carton en live, et vite nous nous replongeons dans l’ambiance du clip - en version censurée bien sûr - Nous sommes dans le Nord et dès lors tout semble moins pétillant - Affaire à suite… 

Pas grave ! Michael Starr, cet homme est équipé d’un radar - Il l’a repérée cette jeune femme typée « asiatique » dans le public ! Quoi de mieux que de l’inviter, elle qui trainait aux barrières, à monter sur scène pour chanter à coups de « Smells Like Sushi » les paroles du morceau « Asian Hooker » ? … Le concert poursuit son petit bonhomme de chemin et les américains se montrent de plus en plus impertinents dans leur démarche… La setlist est excellente. Variant les titres issus de son premier opus, Feel The Steel et les suivants Balls Out et All You Can Eat, Michael Starr a prouvé qu’il était capable de se renouveler en criant comme jamais les refrains des titres « It Won’t Suck Itself » et « Let Me Cum Me »… Des titres 100% Glam à frou frou…

Back To The 80’s et retour des interminables solos de guitare avec Steel Panther ! Oui, car on ne se met jamais assez en avant quand on joue un groupe estampillé de la sorte. Satchel nous a offert là ce genre de solo, assez surfait, qui jongle entre technicité et superficialité ! Bien que le solo semblait assez impressionnant, n’oublions pas que tout est « show » chez Steel Panther et que par conséquence, le groupe utilise pas mal d’effets. Bref, on aura quand même aimé entendre les riffs de « Master Of Puppets », « Crazy Train », « Breaking The Law », « Smoke On The Water », « Sweet Child O’ Mine » et autre « Iron Man »… Un beau moment ! 

Qui dit Glam, dit également passages doux qui émeuvent la plupart des partisans du Hair Metal ! Mais pas question de se laisser avoir par les douces mélodies de « She’s On The Rag » et de « Girl From Oklahoma »… Rangez-vos mouchoirs les gars, vous n’en aurez pas besoin ce soir, du moins pas pour le moment. Qui dit moments calmes, qui dit Steel Panther, dit « Vas-y qu’on invite la jeune Melissa sur scène »… Elle n’aura pas laissé indifférents les bons vieux Hardrockeurs, chauds bouillant - Ils avaient fait leur plein de testostérone avant de rejoindre les abords du Splendid - Bref, tout était bon pour chanter à la gloire de cette jeune brunette… C’est pourquoi les quatre musiciens se sont laissés aller et ont improvisé quelques ballades digne d’un bon vieux sonnet issu de la Pleïade. Ronsard n’aurait pas fait mieux ! Vous souvenez-vous ? Même Stix et Lexxi avaient joué le jeu… Oui, c’était le moment de prouver une fois pour toute que même un batteur pouvait chopper de la gonzesse. Mais cela semblait ne pas trop intéresser Lexxi. Il a préféré chanter à sa gloire en retouchant son brushing ! 

Toi, tu restes là et voilà que j’invite d’autres amies à te rejoindre sur scène pour interpréter « 17 Girls In A Row ». Oui, Michael est un tombeur, il fait monter qui il veut ! Mais ce soir le bougre s’est toutefois pris une belle panoplie de vents de la part des représentantes de la gente féminine… Et va à savoir si les Backstages Pass qu’il a fournis à quelques-unes d’entre elle l’ont aidé à mettre la main au panier. Seules quelqu’unes d’entre elles le savent… Du moins, ce n’est pas le titre « Community Property » chanté en duo avec Mélissa qui nous contredira. Mais il n’y a pas que les girls qui comptent chez Steel Panther… Partout où il passe, le groupe n’oublie pas qu’il est là pour son public, qu’il soit masculin, féminin, ou autre ! Comment rester indifférent devant la sympathie évidente de Satchel ? Il n’a pas hésité une seconde à faire plaisir à ses fans quand un jeune homme lui a brandit un écriteau qui disait (en anglais attention): « Give Me A Pick, It’s My Birthday Today ! ». Oui, il en a eu ! Même plusieurs au passage… ! Pourquoi une telle sympathie ? Car le groupe est là pour fêter la musique Heavy Metal, que ce soit le Glam/Hair, ou bien le Heavy pur et dur… Une philosophie condensée dans le désormais classique « Death To All But Metal »… Un titre fortement fédérateur ! Le groupe repart se reposer, prendre une pilule de viagra et nous balance les ultimes titres de la soirée, « Fat Girl (Thar She Blows) » et « Party All Day (Fuck All Night) » ! Quelle soirée, et quelle classe. 

Que retenir de ce show ? Pourtant décriés et décrits comme machos, sexistes, jouant d’un style totalement desué aux yeux de certains, les Steel Panther ont montré qu’ils maîtrisaient leur objet d’étude ! Il s’agit de ce genre de groupes qui ne semblent ne pas se prendre au sérieux, mais qui cachent bien leur jeu. Car derrière ces nombreuses interactions « funny » et « sex-partying », il y a un groupe qui a construit un show pertinent de bout en bout. Tout était parfait. À une exception près. Les vrais savent.