The Burden Remains - Fragments

Originaire de Fribourg en Suisse, The Burden Remains existe depuis 2010 et a sorti un premier album (Downfall Of Man, 2011) et un EP (The Bikini Blues-Sessions, 2013) durant ce laps de temps. Leur second opus dont il sera question aujourd'hui s'intitule Fragments et sera disponible le 14 avril prochain en vinyle. S'affichant comme un groupe de thrash le label nous annonce cependant que les Suisses s'adressent aux fans de Metallica, Tool, Nevermore et Mastodon. Etrange non pour un groupe de thrash ?

Line-up :

Tommy Schweizer (chant/basse)
Silvan Mangold (batterie)
Thomas Jenny (guitare)
Philippe Aebischer (guitare) 

Les quatuors suisses sont gages de qualité : Samael, Sybreed, Celtic Frost, je peux aussi citer Zatokrev que je conseille à tous les fans de Neurosis. Et désormais il va falloir compter sur The Burden Remains par ce qu'avec un opus de la qualité de Fragments dans sa besace les quatre Suisses frappent fort. Très fort !

Et comme les « influences » citées le laissait présager le premier extrait, « … And I Beheld The Strings », a peu de chose en commun avec ce qu'on a pour habitude de qualifier thrash. Mais plus à un metal aux accents modernes relativement technique et progressif. Ce qui impresionne en premier lieu c'est la maturité et le talent qu'a la jeune formation à digérer ses influences pour les faire siennes.

Car oui on pense parfois en effet à Nevermore dans cette approche très moderne du thrash et cette constante mélancolie qui plane sur les titres de Fragments (« A Thousand Lives », « … And I Beheld The Strings »...) mais globalement impossible de dire vraiment qui les a inspiré. Le chant de Tommy Schweizer (basse/chant) n'est pas totalement étranger à cet état de fait, lui qui rappelle Maynard James Keenan (Tool) ou bien à Matt Heafy (Trivium) dans son chant hurlé. Le bonhomme se montre très à son avantage tout au long de ce troisième opus, tout comme ses camarades guitaristes, Thomas Jenny et Philippe Aebischer, qui oscillent entre riffs acérés (« Among The Shards »), groovy (« Wander The Desert ») ou solos mélodique pas piqués des vers.

« Among The Shards », « A Thousand Lives » et « I, Stillborn » sont les plages les plus foncièrement thrash et rappellent Death Angel et Machine Head dans le « riffing » (notamment l'intro du plus heavy « Horror Vacui » en ce qui concerne les seconds). « Keep To The Script » long de huit minutes se fait plus mélodique et progressif dans sa construction, sa fin se trouve être un sample d'un discours en allemand.

La production de Raphaël Bovey, batteur chez Kruger et producteur de Zatokrev et Abraham, si elle est plutôt bonne laisse parfois à désirer au niveau du son de batterie. Ironique lorsqu'on sait que c'est un batteur qui a officié aux manettes.

Fragments traite d'un homme en quête d'identité et à l'image de cette recherche, The Burden Remains montre de nombreux visages très différents et intéressants. A tous ceux qui regrettent Nevermore, qui aiment les groupes qui envoient tout en y ajoutant des touches prog et des influences diverses ; les jeunes suisses vont méchamment botter vos charmantes fesses.