The Butcher Rodeo - Ghosts in the Weirdest Places

The Butcher's Rodeo est un groupe hobocore formé en 2010 et composé de Vince (AqMENoswad), Tonio (Speed From The Geisha), Guigz (ex-membre), Kwet et Tom (Vera Cruz, Our Theory). Le groupe délivre un son brut dans la vague d'Every Time I Die et de Cancer Bats. Ils sortent leur premier EP en 2011 Like a Hobo On a Prison, enregistré au Studio Ste Marthe à Paris. S'en suivra de nombreux concerts avec notamment les premières parties de Protest The Hero et Cancer Bats.

Début 2013, Guigz quitte le groupe et est remplacé à la basse par Benoît. Sur ce nouveau départ, The Butcher's Rodeo, plus énervé et déterminé que jamais, rentre en studio pour enregistrer son nouvel EP Ghosts in the Weirdest Places avec Etienne Sarthou au commande de l'enregistrement et du mixage, et Magnus Lindberg (Cult of Luna, AqME) au mastering.

Line up :

Vince (Voix)
Kwet (guitare)
Tonio (guitare)
Benoît (basse)
Tom (batterie)

Avec un artwork peu commun et interrogateur de chez Yeaaah ! Studio, la dernière production des bouchers parisiens semble d'ores et déjà pencher dans un registre à la fois moderne et très carré. Une touche à la You're the Next (Adam Wingard) qui amène ce côté assassin et tordue. 

C'est d'ailleurs la dessus que l'EP débute, The Curse démarre d'une manière brute, lancée par un tempo de batterie sur lequel la voix de Vincent Peignart-Mancini vient vite s'installer. Un début assez sec où très vite s'installe le premier gros break propre au core. Touches dissonantes nous balançant un son très viril.


Le chant clair du refrain me fait très vite penser à Nicolas Dumoulin des Lopsided avec leur album Holda's Grace plutôt catégorisé dans du prog'.

C'est donc sous cet aspect un peu underground que le groupe s'engage sur un terrain agressif et violent tout en donnant à leur musique un aspect sec.  

Mais bien-sur, comment ne pas vous présenter Eye of the Storm, titre très apprécié de cette prod' qui démarre de manière assez brutale. Ce que j'aime beaucoup chez les TBR (excusez mes manières d'écritures) c'est la construction de leurs riffs, totalement dissonants et incompréhensibles écoutés à part, mais qui trouvent leurs logiques avec le reste de la musique. Une voix très brute et sec propulse le titre avec énergie et apporte cet aspect assez underground, garage. Le contraste couplet/refrain est marqué par le changement vocal radical. Le mélange screams et voix claires se fait plutôt bien même si parfois les différentes tournures rythmiques peuvent être sensibles à la première écoute.

On en retient néanmoins une bonne maîtrise technique sur tous les aspects instrumentaux.  

Comme la logique le voudrait, The Mutiny débarque tout aussi violemment. On retrouve assez vite l'univers déjanté et bordélique imposé dans la structure de ce morceau. Une continuité à surveiller cependant pour ne pas tomber dans une tournure monotone. Mais les chorus sont là pour ça, même si je suppose que les passages chantés en voix claires ne plairont peut être pas à tout le monde, gardons à l'esprit cette question de cohérence qui se dégage des sept morceaux présents sur cet EP. Il semble d'ailleurs que ce troisième titre est tout à fait représentatif de l'aspect progressif que peut présenter The Butcher's Rodeo.

Spoiler prend une place importante dans cette production, c'est un peu le titre de relance faisant transition entre les premiers et derniers morceaux. Bien amené, il ne fait pas tâche mais ne se démarque pas non plus des autres compositions du groupe. On appréciera cependant les choeurs bien dégueulasses qui renforcent l'image explosif. 

C'est sur Blind Army que tout recommence. Une intro lancée par les guitares avec un lointain côté Sic. L'explosion part dans tous les sens, les fragments volent en éclats de tous les côtés avant d'être rassemblés dans un refrain plus compact.

C'est un peu sur cette même lancée que Repent & Honor fait son entrée. Propulsé par un jeu de batterie accompagné par la basse, l'ensemble semble efficace. Le refrain se fait beaucoup moins agressif, on touche une certaine sensibilité, même si celle-ci n'est que très légère. 

L'EP se termine sur Hold the Morning (morceau le plus long de cette production). Encore une fois l'explosion se fait ressentir, parmi celle-ci, des émotions ici amenées une nouvelle fois par un refrain prenant. C'est donc une certaine sensibilité, mélange de rage et d'espoir qui clôture de manière gracieuse l'ensemble des plages. On notera le plan très mélodique et progressif qui s'en dégage, mettant un point d'honneur sur cette conclusion fortement colorée et accentuée par une outro à l’acoustique.


Ghosts in the Weirdest Places
est un EP intéressant, surtout dans la structure des compositions. The Butcher's Rodeo semble avoir trouvé sa plume d'écriture et nous offre un univers particulier sans pour autant imaginer un monde insensé. On appréciera la complexité des morceaux mais aussi la logique qui les rassemble. Une bonne production qui plaira très certainement aux amateurs du genre.

L'équipe Metal Cunt souhaite le meilleur pour le futur du groupe.