The Computers - Birth Death

Les anglais de The Computer sont de retour avec un nouvel album annoncé pour le 30 septembre : Birth Death. Depuis sa formation dans les années 2000, le groupe a expérimenté une fusion entre punk hardcore et garage rock, puis a récemment incorporé une texture plus pop et soul à son oeuvre. 

Line-up: 

Alex Kershaw (chant, guitare)

Fred Ansell (guitare, piano)

James Mattock (guitare)

Thomas McCahon ( (basse)

Aidan Sinclair (batterie) 

The Computers appartient à ces groupes qui ne se cantonnent pas à un seul style musical et se diversifient pour chaque nouvel opus. Si les deux premiers albums This Is The Computers en 2011 ainsi que Love Triangles, Hate Square en 2013 étaient assez heavy, le goût du blues et de la soul commence à dominer les chansons des anglais à partir de l'EP paru à la rentrée 2015 Want The News Here's The Blues. Avec Birth Death, The Computers tourne résolument le dos au hardcore pour se focaliser sur un pop-rock teinté de moultes influences rétro. 

 Après une intro presque a capella et accompagnée de choeurs sur "Birth", nous redécouvrons "Want The News" issu de leur précédent éponyme. Très pêchue et soul, l'énergie détonnante de la chanson puise dans les racines américaines de The Raconteurs ou Funeral Party avec une voix écorchée, irrésistible lors des refrains. Avec sa voix extrêmement haut perchée, le funky "This Ain't Right" fait appel à un Queen qui serait plus conventionnel. Les couplets suivent un rythme régulier et une touche rock'n'roll appuie le final du morceau lorsque les cris et la guitare font corps. On songe à The Darkness pour le côté déluré. 

Le piano fait une apparition plus prononcée sur "NYE". Avec une signature pop et british, une harmonie aux tons légers est intégrée par l'association batterie-voix-piano. "God Only Knows" se laisse entamer par quelques arpèges mélancoliques, évoquant plus ici la new-wave que le blues. Le chant plus grave que sur les autres morceaux renforce l'amalgame. Les paroles sont scandées avec la ferveur d'un hymne, à la manière d'un Bowie. "Pound For Pound" continue de nous surprendre avec quelques notes de synthés car le groupe, plus proche de Jerry Lee Lewis que de Depeche Mode, préfère l'incendaire rock'n'roll pour faire swinguer son public. 

L'énergique et subtilement saccadé "Weighed Down" possède un petit côté piano-bar des années 30 avec une touche à la fois noble et neutre qui rajoute de la mélodie aux guitares électriques. Le sensuel "Crucified On You" s'érige en célébration des sens, entre les scansions d'Alex Turner et la fougue de Jack White. L'opus se clôt sur la balade jazzy "Bad Wolf", où le groupe laisse place à une de ses compositions les plus tendres, loin des riffs criards.

Avec Birth Death, The Computers réalise un album qui transporte l'auditeur d'une époque à une autre. Outre les nombreux clins d'oeil au passé de la soul, du blues et de la pop depuis les années 50, le pop-rock que déploient aujourd'hui les anglais d'Exeter est moderne et s'ancre dans la lignée des musiciens qui recyclent le passé pour le recomposer afin qu'il s'adapte au présent.