The Erkonauts - I Did Something Bad

 

Fondé par les deux ex-Sybreed Ales Campaneli et Kevin Choiral (bien que l'album ait été enregistré par Vinch Cerutti) à la fin de cette superbe aventure metal indus, The Erkonauts se présente comme une rencontre entre The Offspring et Infectious Grooves. Le duo s'est allié à leur ancien partenaire Drop (Samael, Obsydians) au plus vite et ont publié leur premier album il y a deux ans en auto-production avant de jouer un peu partout (on peut le dire les mecs sont allés jusqu'en Inde et en Asie!). I Did Something Bad et aujourd'hui réédité par Kaotoxin Records (CinC, Otargos, 6:33) agrémenté de deux bonus.

Line-up :

Ales Campaneli (chant/basse)

Sébastien « Backdosh » Puiatti (guitare)

Adrien Bornand (guitare)

Kevin Choiral (batterie)

 

Attention là on va parler d'un morceau de choix.

En un morceau The Erkonauts m'a scotché à mon canapé.

Surpuissant, technique sans tomber dans la démonstration puérile, « The Great Ass Poopery » est un tube punk metal qui fait des ravages et donne envie de renverser les meubles en courant en cercle dans son salon.

The Erkonauts est un groupe réellement original. Un groupe qui tente des choses tout en gardant une efficacité et accroche furieusement punk rock. On s'étonnera donc du refrain très FM de « All The Girls Should Die » ou même de la power ballade « Your Wife » aux côtés de brûlots punk metal comme « The Great Ass Poopery », « 9 Is Better Than 8 » ou encore du progressif et hypnotique « Domonium Mundi ».

Voilà une des première forces de cet album c'est sa variété on passe d'un style à l'autre au sein des compos certes mais aussi presque d'un univers à l'autre selon les morceaux. D'où l'impression d'avoir à faire à un groupe qui progresse et non un groupe progressif. Ce malgré « Domonium Mundi » ou encore « Hamster's Ghosthouse », deux titres particulièrement velus dont les structures et les ambiances sont plus complexes que le reste de l'album. Dans une moindre mesure « Machine », l'un des deux nouveaux titres de cette réédition, est lui aussi prog avec une touche indus dans le riffing. Les références données par le label sont pour une fois totalement justifiée et l'on retrouvera à l'envie du Infectious Grooves (« NOLA »), du Primus (« The Great... », « NOLA »), un peu moins du The Offspring en ce me concerne mais pourquoi pas à la limite sur « All The Girls... », sans oublier Faith No More (« Gog ») ou Tool (« Domonium Mundi »).

Pas dénué d'humour le groupe se montre hilarant avec les textes de « The Great... » et « 9 Is Better Than 8 », l'intro au ukulélé du second étant déjà une bonne tranche de rigolade à elle seule, et semble avoir un recul certain sur sa musique. Si l'on essaie de lire entre les lignes de « The Great... » on perçoit une critique de la course à la technicité actuelle alors que The Erkonauts est lui même un combo très technique. Mais j'invite tous les fans de djent à voir ce que cela donne lorsqu'un groupe est technique ET a une âme. La production de Drop est excellente et aide quelque peu Ales au chant, lui qui se montre bien plus punk sur les planches.

The Erkonauts est un immanquable, pour les fans de fusion mais aussi pour les autres. Car dans ces méandres punk rock, metal, prog, funk groovy il y a forcément des choses qui plairont à tout fan de metal qui se respecte. Avec des tubes en puissance tels que « NOLA », « Tony 5 » ou « The Great Ass Poopery » je vois mal comment résister à I Did Something Bad.

Encore une signature de grande classe pour Kaotoxin qui commence à avoir le plus beau roaster de notre pays.

Première grosse claque de l'année !