The Heretic Process - Here/Chaos/Begins

Formé en 2009, The Heretic Process vient comme la plupart des membres de notre webzine du Nord et a choisi comme mode d'expression le mathcore. A leur actif : une victoire au tremplin du Betiz'Fest (2012), deux démos et des premières parties de Madball, Loudblast, Betraying The Martyrs, As They Burn et Resistance. Disponible depuis le 15 mars Here/Chaos/Begins est leur premier album.

Line-up :

WD (chant)
T (guitare)
L (guitare)
SF (basse)
D (batterie)

Le mathcore, en voilà un style qui n'a pas l'air de vouloir dire grand chose. Si je vous demande de citer un gros groupe de mathcore? The Dillinger Escape Plan? Converge?

En France nous avons aussi nos représentants comme Dwail ou High For A Dive.

Et pourtant le style est bien réel, au même titre que le djent (que j'appelle personnellement « branlette musicale sans but » mais c'est un autre débat). Energie et chant hardcore, structure aléatoire et chaotique, riffs dissonants sont les éléments qui composent ce que l'on appelle mathcore.

Et c'est exactement ce à quoi nous avons droit avec The Heretic Process. Particulièrement rentre dedans et écorché il faut attendre l'éponyme (en cinquième position) pour avoir enfin un tant soit peu de mélodie et de « calme ». Au moins durant l'intro et l'outro samplé. La courte durée des morceaux et le fait que la fin de Here/Chaos/Begins se montre relativement plus « posé » (on reste loin d'Anathema) fait que celui ci passe très bien. Le piège du style est qu'il est d'un efficacité de tous les instants et est donc imparable sur scène. Mais l'exercice de l'album peut s'avérer plus compliqué, dû à un style très « marqué » et cette tendance à être toujours plus imprévisible. Le chant de WD s'il est de qualité peut être lui aussi une épreuve car presque toujours saturé et écorché. On trouve cependant des touches plus rock'n'roll qui apportent un groove certain à The Heretic Process, particulièrement sur « Frank Zito » et « Walter Kovacs ». Tandis que le riff de « Stay » est un simple appel au mosh-pit. Le « break » de « David Aames » se fait plus emo dans l'esprit, avec une approche plus parlée et plaintive pour WD.

Le son notamment de batterie est assez cru et colle parfaitement à l'esprit du combo.

Le quintet semble avoir développé un concept sinon un fil rouge tout au long de Here/Chaos/Begins, quatre des neufs morceaux qui le composent portent un nom en guise de titre (« Ivan Drago », « Frank Zito », « David Aames » et « Walter Kovacs »).

Here/Chaos/Begins est une oeuvre qui prend assurément tout son sens dans le cadre du live et qui reste malgré tout une bonne expérience auditive. Si vous cherchez une petite dose de chaos n'hésitez pas à vous lancez à la découverte de The Heretic Process, ils en connaissent un rayon question «bordel» contrôlé.