The Jelly Jam - Profit

Les Américains de The Jelly Jam nous reviennent avec seulement leur quatrième méfait en quatorze années d’existence. On ne peut pas trop leur en vouloir puisque le trio nous sort toujours des œuvres intéressantes où le mot éclectisme prend tout son sens. Après l’excellent  Shall We Descend de 2011, voici Profit qui sort chez Music Theories Recordings.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore The Jelly Jam, il n’est jamais trop tard de vous y mettre. Né des cendres de Platypus qui réunissait John Myung (Dream Theater), le guitariste Ty Tabor (King’s X), Rod Morgenstein (Dixie Dregs) et de Derek Sherinian(ex-Dream Theater). Le groupe a été rebaptisé The Jelly Jam après que ce dernier est parti. Alors, si vous êtes amateurs de progressif,  ces noms ne vous sont pas totalement étrangers dont le dénominateur commun est d’être des musiciens émérites dans leurs groupes et projets respectifs. Cela saute aux yeux quand on se retrouve dans n’importe quel album de The Jelly Jam. Alors on peut s’attendre à ce que ce Profit soit aussi intéressant que ses prédécesseurs. Ce dernier est présenté comme un concept-album qui relate l’histoire d’un prophète qui essaie de conscientiser ceux qui ne voient pas la nocuité du progrès et du profit à tout prix. C’est d’ailleurs visible sur la pochette de l’album qui illustre d’une manière implicite l’analogie entre le mot Profit et Prophet. Tous les arrangements de cet opus suivent également cette ligne directrice tant au niveau des paroles que les compositions elles-mêmes. Et le résultat n’est pas du tout surprenant, on est plus que convaincus. Malgré le fait que les trois compères soient des musiciens hors-pair, on s’aperçoit qu’ils ne misent pas tout forcément sur leurs talents. Comme je le disais, l’éclectisme n’est pas un vain mot chez The Jelly Jam. Le trio nous fait voyager en effet entre les années 70 et les années 80 avec une touche très moderne. Quel que soit le titre qu’on écoute de ce Profit, ça vous renvoie inévitablement vers une période antérieure qui peut aller de King Crimson ou des sonorités floydiennes aux groupes phares  des années 80 tels que Living Colour ou Alice In Chains. Vous l’auriez compris, ce Profit est à mettre entre toutes les mains. C’est à n’en pas douter un mélange savant de toutes les influences du trio exécutées à la perfection avec point de superflus. Une sobriété remarquable quand on connait les capacités des membres de The Jelly Jam. Par intermittence, on entend tout de même les personnalités de chacun d’eux à travers les morceaux dont les plus évidentes sont celles de Ty Tabor avec King’s X et de John Myung à l’époque de Gordian Knot. On serait tenté même de dire que The Jelly Jam est une fusion savante de ces deux groupes.

Si vous êtes nostalgique de la période fin des années 70 jusqu’au milieu des années 80, alors ce Profit vous ravira certainement. Bien que les sonorités soient quelque peu différentes, l’esprit est bel et bien là parce que ce trio là est bien décidé à donner la priorité à la musicalité aux prouesses techniques, saupoudrée d’une touche de modernisme envoûtante.