The Milton Incident - Innocence Lost

Formé par des ex Stonedrive, Drawers ou encore Cube, The Milton Incident est un quintet de rock/metal alternatif qui a décidé de menacer les américains sur une recette qu'ils maîtrisent à la perfection : l'accroche et l'efficacité. Doté d'une expérience « conséquente » de la scène, certains d'entre vous ont pu les voir en première partie de Dagoba, de Vulcain, d'Eyes Set To Kill ou encore au Mennecy Metal Park en septembre dernier.

Line-up :

Samuel Puysségur (chant)
Jérôme Céva (batterie)
Romuald Luczak (basse)
Fabrice Le Guernec (guitare)
David Adam (guitare/chant)

Stonedrive. Peut être que la plupart d'entre vous ne connaissent pas du tout ce nom et pourtant en 2010 les parisiens avaient sorti A Moment Of Weakness, un putain de disque à la croisée des chemins entre Alterbridge et Stone Sour, accrocheur et foutrement jouissif. Une œuvre qui avait été « Album du mois » dans Rock Hard mais qui n'avait pas su, selon les dires de beaucoup, à passer le cap de la scène. Pourquoi je vous parle de Stonedrive ici ? Car si vous avez lu la rapide bio du groupe, il y en effet un ancien membre du combo dans The Milton Incident et pas n'importe lequel ; son compositeur et chanteur : David Adam. Voilà pourquoi à titre personnel j'avais vraiment hâte de découvrir Innocence Lost, par ce que le mec qui avait composé un album qu'on s'était passé en boucle avec des potes en soirée ne pouvait pas me décevoir, son nouveau projet devait forcément être une nouvelle tuerie.

Et ça commence plutôt bien après l'intro éponyme avec l'excellent « Deadset » qui fait partie des titres au potentiel « tubesque » d'Innocence Lost avec notamment « Dopamine ». Gros son, riffs ronds et puissants, chant mélodique de qualité qui dévie sur quelques braillements, TMI pourrait difficilement sonner plus US. Merci à Steeves Hostin (Beyond The Dust) et Shawn Zuzek (Daughters Of Mara), le deuxième effectue d'ailleurs un featuring sur « Deus Ex Machina » qui rappelle vraiment Alterbridge (rien d'étonnant à cela, David en est le seul compositeur).

Les parisiens se veulent le plus catchy possible et on arrive au défaut principal du combo. Des titres comme « Dearest Enemy », « Irukandji » et « 10/56 », sortes de power-ballads aux forts accents pop, ne marchent pas autant qu'elles le pourraient, la faute à cette tendance à vouloir sortir absolument « LE » refrain alors que les arrangements vocaux restent sur le même ton. Dommage car il est fort probable qu'avec plus de variations et un chant plus haut, Samuel Puysségur délivrerait plus de refrains accrocheurs et directs et que « Breathe » de A Moment Of Weakness aurait trouvé un adversaire à sa taille pour le remplacer. A côté de ces « hits » en devenir, Milton propose aussi des plages plus sombres comme ce « Split Second » très heavy.

Hélas je suis resté sur ma faim pendant Innocence Lost. Malgré ces indéniables qualités, parmi lesquelles l'efficacité, l'apport mélodique et de petites touches plus prog ou plus sombre, TMI n'arrive pas à atteindre le niveau de son « prédécesseur ».

Pour les fans de Papa Roach (période plus récente), Alterbridge ou encore Five Finger Death Punch, The Milton Incident pratique un rock/metal moderne sans fioriture qui se veut frontal et accrocheur. Et il faut dire qu'en France il a de fortes chances de régner sans partage sur ce créneau trop délaissé, cependant il lui manque encore le petit plus qui fait toute la différence pour convaincre pleinement.

A suivre.