The One Hundred - Subculture

 

Le premier éponyme des londoniens de The One Hundred Subculture est disponible en France depuis fin 2015. Sorti sous le label austalien UNFD (Northlane) en 2014 outre-Atlantique, cet effort est un OVNI comme seuls les anglais savent nous en concocter. A la croisée des genres entre hip-hop, electro, hardcore et metalcore, The One Hundred ne met aucun style à l'écart et produit un savant mélange.

Line-up:

Jacob Field (Chant)

Tim Hider ( Guitare, choeurs)

Phil Kneller (Basse, choeurs)

Joe Balchin (Batterie)

 

Fondé en 2012 au royaume où toutes les expérimentations sonores sont permises, The One Hundred tient autant des traditionnels metalcore, hardcore et neo-metal que de l'influence hip-hop et de la vague electro déferlantes dans l'Angleterre des années 90. Les puristes n'apprécieront certainement pas, en revanche c'est toute une nouvelle génération qui porte à bras le corps ces références et tient le flambeau de cette culture hybride.

La courte intro "NO FKX" s'annonce auréolée par un piano mélancolique au timbre élégiaque mais très rapidement, les racines hip-hop du groupe s'enracinent dans la production. Nous découvrons un rap maîtrisé, énergique et lysergique qui finit tout simplement par exploser dans un cocktail électrisé de guitares insoumises accompagnées d'un growl irrévérencieux. "Breed" s'incrit dans une lignée old-school avec un chant très rap-hardcore à la Rage Against The Machine mais se fait tout autant chantre de la modernité grâce aux riffs post-hardcore teintés de l'atmosphère électronique délurée qu'Enter Shikari manipule à merveille. La voix de Jacob Field rappant sur l'intense et coup de poing "Kingsmen" fait songer au hip-hop teinté de punk de Machine Gun Kelly. De ce chant rappé émergent des vocaux deathcore toujours plus incontrôlables, et le groupe jongle assidûment entre électro abrasif et metal corrosif. Cette recette a un goût insctictif et primitif.

"Unleashed" est une petite pépite qui, une fois de plus, triomphe grâce à l'alchimie née du métissage musical dont The One Hundred fait sa marque de fabrique. Complètement hybride, "Unleashed" est aussi bien imprégné de la verve d'un Limp Bizkit que de la rage festive d'un Enter Shikari. Les instrumentaux anxiogènes de "Tale Of Two Cities" nous immiscent dans un univers un peu plus malsain, un peu plus crade, peut-être en echo à la "subculture" que nous suggère le titre de l'EP? Les membres de Hollywood Undead auraient sans doute approuvé. Enfin, l'excellent "Downfall" conclut l'opus par une association des genres toujours aussi minutieusement ficellée. Le happy hardcore d'A Day To Rememeber s'aimante avec la drum'n'bass de Pendulum ou The Prodigy. The One Hundred nous prouve avec ce premier effort qu'en musique aussi, les lois de l'attraction fonctionnent sur des modèles parfois insoupçonnés.

L'album Subculture porte incroyablement bien son nom car il honore en tous points des genres initialement issus d'une culture alternative, qu'il s'agisse de metal hardcore, de rap ou bien de musiques électroniques. Là où une telle entreprise pourrait seulement se résumer à être culottée, The One Hundred marque un point en parvenant à l'être avec prodigalité. Ce qui n'est pas donné à tout le monde pour un premier opus.