The Psychotic Monks - IV

A la base trio, les quatre Psychotic Monks ont publié en mars leur second EP, IV, après un premier intitulé Faces To en mars 2015 (la logique voudrait donc qu’un trosième EP sorte en mars 2017). Adepte d’un rock psyché dans la lignée des ténors du genre, le groupe a tourné intensivement pour promouvoir son dernier né et a notamment ouvert pour Dewolff, Von Pariahs et les Buzzcocks.

Line-up :

Clément (batterie/chant)

Martin (guitare/chant)

Arthur (basse/guitare/chant)

Paul (claviers/basse/percussions)

Le live a un côté magique, d’autant plus lorsqu’on se rend à un concert par pur hasard, sans attentes particulières. Et il a bien eu de la magie lors du concert des Psychotic Monks que j’ai pu voir à Nancy il y a peu. Un dimanche glacial où un public restreint mais attentif a découvert avec un plaisir non feint les parisiens qui ont donné un concert possédé et parfaitement maîtrisé.

Le passage à la galette est différent mais conserve l’aspect contemplatif et hypnotisant du quatuor, perdant un poil en lourdeur. Les moines psychotiques délivrent des nappes déchirées, tout en nuance et en ambiance dévoilant des paysages oniriques. A la fois doux, habités et torturés tout au long des cinq plages éthérées qui composent ce IV. Avec trois vocalistes le groupe se permet de multiplier les harmonies vocales et force est de constater qu’ils le font avec talent (le planant « Wither Away ») et bien que le groupe soit très ambiant il n’en oublie pas de proposer des refrains entêtants. Il suffit d’écouter « The Great Escape » une fois pour que son refrain, l’œuvre du batteur Clément (big up à toi frère de prénom !), vous hante toute la journée. « In Veins » et « Ender » ne sont pas en reste non plus. Une attention particulière a été apportée aux arrangements qui rendent les ambiances juste imparables toujours renforcé par des vocaux cristallins à pleurer comme sur le magnifique « Cold Words » qui finit IV. On pense tour à tour à Black Rebel Motorcycle Club, Pink Floyd, des touches de Black Sabbath et aussi au Queens Of The Stone Age le plus psychédélique (« In Veins »). En définitive un rock psyché qui emprunte autant au classic rock, qu’au stoner (« Cold Words ») voir même au postrock (« Ender », « Wither Away ») et au doom. On irait presque jusqu’à dire que les fans de nos Mars Red Sky nationaux pourraient très bien adhérer à cent pour cent à ces drôles de moines. Moins heavy que leur Faces To, ce IV montre une formation plus aventureuse, explorant encore plus les ambiances qu’elle peut développer maintenant qu’elle compte un membre de plus (d’où son nom).

Incroyable qu’un groupe aussi jeune se montre aussi juste dans tous les aspects qui le composent le tout en totale autoproduction. Car les bougres enregistrent comme des grands chez eux, produisent leurs clips eux-mêmes et montent leurs tournées à la force du poignet. Seul l’artwork de IV n’a pas été créé par le quartet, c’est dire à quel point les moines mènent leur barque comme ils l’entendent. Pas de doute que nous avons à faire ici à un futur grand de la scène rock psychédélique en Europe, ni plus ni moins.