The Vintage Caravan - Arrival

 

Impressionnants par leur jeune âge et la qualité de leur troisième album, Voyage (2013), qui leur permet de signer chez Nuclear Blast (Nightwish, Dimmu Borgir, Soulfly, Slayer. Faut il vraiment le préciser?) les islandais de The Vintage Caravan montent doucement les marches du classic rock. Moins que leurs collègues de Blues Pills (avec qui ils ont tourné en novembre dernier en Angleterre), certes, mais le trio fait son trou notamment après une tournée avec Grand Magus, Audrey Horne et Zodiac sur laquelle il avait méchamment assuré.

Si son précédent opus faisait office de voyage et que celui-ci est l'arrivée il ne doit que confirmer tous les espoirs mis en lui.

Fortement 70's dans l'esprit, la caravane vintage se rapproche fortement dans l'esprit de formation comme Deep Purple, Jimi Hendrix ou encore Cream. Un classic rock d'école aux fortes consonances psychédélique évoquant le stoner et faisant la part belle aux guitares d'Oskar Logi (chant/guitare). Car la particularité de ces trois principales influences est bien d'avoir en leur sein de véritables guitar-hero, ce qu'Oskar est clairement dans l'âme. Très « hendrixien » dans son toucher, le jeune homme, s'éclate à balancer des soli très psychédéliques et stridents en plus d'être un bon chanteur. Un point cependant qui ne semble pas vraiment avoir évolué sur Arrival. Ainsi le chant reste bien souvent aidé par des effets (réverb ou delay) qui cache le chemin qui reste à accomplir au « iceman » avant d'être un GRAND chanteur. Et il clair que lorsque tout son potentiel sera révélé, Oskar en sera un ! Rappelons qu'aucun membre du groupe n'a 25 ans. Et c'est bien l'une des choses qui rendent Arrival et encore plus Voyage (le groupe l'a écrit alors qu'aucun de ses membres n'étaient majeurs), le talent de TVC malgré sa jeunesse. Le revival n'émoustille plus vraiment mais lorsqu'il est aussi bien fait, on en demeure sans voix.

Surtout que le trio montre une plus grande maîtrise encore, plus d'arrangements, de bonnes idées qui défilent au gré des morceaux. Ce même si la première écoute de « Last Day Of Light » ne laisse pas un souvenir impérissable, lui qui finit par nous transporter avec son refrain et ses mélodies entêtantes. Il demeure moins immédiat que « Craving » qui ouvrait son grand frère de la meilleure des manières. « Monolith », « Sandwalker » montre le visage le plus groovy du groupe qui faisait le charme du it en puissance « Expand Your Mind » sur l'essai précédent. « Babylon » convainc quant à lui par son côté plus lourd et ses choeurs qui risquent de faire un malheur en live. « Eclipsed » s'ouvre sur un arpège inquiétant qui finit par laisser place à un titre assez speed dont certaines guitares évoquent Iron Maiden. Sur « Carousel », Alexander Örn rappelle toutes ses qualités à la quatre-cordes en livrant combat avec son diable de chanteur. On en oublierait presque Stefan Ari Stefansson, qui n'en demeure pas moins un excellent batteur qui gère bien tous ces changements de tempi.

Le premier single « Crazy Horses » fonctionne bien avec son refrain haut perché mais l'un des titres qui met instanténément sur le cul c'est « Inneverse ». Preuve était déjà faite sur Voyage avec « Winterland » que le groupe maîtrisait à la perfection la power ballad à la partie centrale puissante relativement épique et évoquant la froideur de l'Islande. « Inneverse » reprend le même genre de structure (et se trouve à la même place dans la tracklisting) mais se montre plus ambitieux avec tous ses superbes choeurs. La grande classe !

Une classe encore bien présente sur « Winter Queen », le titre « progressif » de l'album, une autre « tradition » que l'on trouvait déjà sur Voyage. Un titre encore une fois formidablement écrit sur lequel Oskar se lâche totalement et donc les choeurs hypnotiques nous entraîne sous la neige et le froid des montagnes islandaises.

Dire que The Vintage Caravan est original ou propose quoi que ce soit d'original serait mentir mais les jeunes « icemen » sont tellement doués. Leur compo sont accrocheuses, bougrement bien ficelées avec une qualité de jeu insolente. Arrival se montre sensiblement moins immédiat que son prédécesseur, moins fougueux mais bien plus peaufiné et adulte.

Le trio sera au Raismesfest en septembre prochain pour sa troisième prestation française, nous savons les Nordistes nombreux parmi nos lecteurs et ne saurions que leur conseiller d'aller le voir. Car s'il est bon sur album ses prestations sont bien meilleures.

A suivre définitivement !