The Witch - Black Flower Field (EP)

A peine un an après la sortie de leur premier EP Pachyderm Storm, le groupe The Witch revient cette année avec un nouvel EP Black Flower Field.

Avant de plonger au cœur de cette production de 5 titres, notons les changements et bouleversements qui ont touchés le groupe pour cette nouvelle sortie. Tout d'abord le départ du bassiste Stéphane remplacé par George Abitbol. Puis l'annulation de la tournée Européenne... De gros problèmes de santé pour Djul (voix+guitare)... Et un retard dans la livraison des cds !

Autant dire que le sort s'acharne sur le quatuor du Nord Pas de Calais ! Le principal c'est que le projet Black Flower Field ne soit pas tombé à l'eau.

Nous commençons donc notre entrée dans ce projet en s'attardant tout d'abord sur l'artwork très coloré de cet EP. Bien loin de la tête d'éléphant qui illustrait Pachyderm Storm, d'ailleurs, c'est encore Antoine qui s'en est chargé ! Couleurs pouvant supposer touche psychédélique... Découvrons tout ça avec le premier titre de cette prod', Skeleton Soul .

Ouverture avec une réplique de Pulp Fiction du grand Tarantino, formule déjà utilisée sur le premier EP avec une ouverture à la Snatch.

« And I will strike down upon thee with great vengeance and furious anger those who attempt to poison and destroy My brothers. And you will know I am the Lord when I lay My vengeance upon you. »

Ouverture accompagnée d'une rythmique lourde envoyée par Mathieu à la batterie. On retrouve l'originalité des Riffs si particuliers à la guitare propre au groupe. Introduction musicale assez longue et structurée, on entame les hostilités au bout de deux minutes avec l'entrée de Djul. La voix est nettement mieux mixée que sur l'EP précédent, mais elle garde ses caractéristiques, screams et chants clairs aux tendances écorchées. On s'aperçoit très vite que l'innovation du groupe pour cette production ne réside pas dans une recherche de sonorité puisque The Witch garde les mêmes traits et techniques qui lui sont propres. Notamment à travers un son guitare très caractéristique que l'on retrouve dans les soli. La batterie est elle aussi beaucoup plus rehaussée, avec une explosion de double pédale vers la fin du premier titre.

Il n'a fallu que les cinq minutes qui composent ce premier morceau pour replonger directement dans l'univers posé par le groupe. 

Nous entrons maintenant dans un morceau qui justifie l'utilisation de tant de couleurs pour l'artwork. La composition au titre éponyme qui suit ouvre une nouvelle conception de la musique que propose The Witch. Une introduction très progressive, douce et mélodique... Les différentes sonorités s'embrassent dans nos oreilles, apportant un aspect sentimentale très prenant. Pas tant de violence illogique mais une structure entre guitares claires et distordues. Un chant qui suit la continuité du riff, appuyé par les doubles pédales et mélodies écorchées. Le titre garde tout de même un aspect underground avec ce son que l'on commence à connaître. Également à la fin de la troisième minute un break aux touches core qui amène un solo transitoire, une sorte de bridge instrumental qui sera quelque part la marque de fabrique de ce morceau. Pourquoi parler autant de cette plage ? Tout simplement parce que la claque prise n'est pas dû à une violence mais par un mélange de différentes sensations, couleurs très recherchées. Et quelle explosion encore une fois lorsque cette composition meurt...

 "Let' Em Die in the Black Flower Field"

Nous parlions d'un éventuel aspect psychédélique... il semble que l'introduction du troisième morceau Hellride vient modifier notre idée pour la tourner sur un plan un peu plus horrifique. Mélange de rires d'enfants accompagnés d'une réplique du film Evil Dead «You bastards, why are you torturing me like this? Why?». Caisse claire tranchante et nous partons pour un titre beaucoup plus brutale. Un titre assez thrash qui vient relancer notre écoute avec efficacité et agressivité. Les soli présents sont parfaitement exécutés, toujours avec cette sonorité particulière.

The Wizard Is Stoned s'ouvre avec un riff plus noir que les compositions précédentes. Point appréciable qui ne rend pas l'écoute linéaire. Il est un peu plus complexe de comprendre la logique choisie sur ce morceau. Quatre minutes se terminant sur les soli guitare. Une chanson moins catchy que les autres mais tout aussi ancrée dans le monde de The Witch.

La dernière composition From Here To Underground porte bien son nom ! D'une brutalité forte et d'une violence surprenante, c'est sur ce dernier morceau que décolle la batterie et les guitares. Cela ajoutant la dernière facette de cet EP, la dernière couleur. Les instruments se confondent avec le choc des riffs. Wah-wah, tapping, tout y est côté guitare, la batterie vient booster le tout en tranchant le rythme.

Alors que l'on pensait deviner la fin de cet EP, on est surpris par un bridge calme, au son clair et lent. Une bonne recette à ressortir, car la reprise se fait encore plus violente et vient mettre un point final sur cette production.


Beaucoup de couleurs et d'originalité pour Black Flower Field cependant le groupe The Witch a su garder son authenticité et sa marque de fabrique à travers les 5 nouveaux morceaux proposés. Une bonne confirmation du savoir-faire déjà présenté sur le précédent EP. C'est avec impatience que l'on attend la suite de l'aventure des The Witch.

 L'équipe Metal Cunt souhaite le meilleur pour le futur du groupe.