The Losts - …Of Shades & Deadlands

The Losts n’est plus vraiment à présenter dans la région Nordiste ! À force d’écumer les bar-concerts et après s’être forgés une réputation sans faille auprès des représentants du genre du coin (Drakkar et Haircuts That Kill pour ne citer qu’eux), les Lillois sortent enfin leur premier effort en 2016, soit trois ans après leur première démo: No God, No Devil… Dans un monde où le Heavy Metal commence à perdre ses lettres de noblesse au profit de formations vantant le mérite de nouvelles formes d’expression, The Losts arrivera t-il à convaincre ? C’est bien la question que nous nous sommes posées. 

Bien sûr, les fans de Heavy Metal ne seront pas perdus quand ils écouteront … Of Shades & Deadlands. En effet, The Losts a décidé de s’inscrire dans la suite logique de ce qu’ont pu nous proposer des groupes tels que Iron Maiden, Judas Priest, et même Iced Earth et Manowar sur « Holy Faces Of Conspiracy ». En fait, ce dixième morceau regroupe bien tous ces topoïs qui ressortissent à l’imaginaire du Heavy Metal en 2016. Voyez par là ces fameux choeurs qui rappellent ceux de Bruce Dickinson sur des morceaux à la « Brave New World »… 

Vous l’aurez donc compris, l’originalité n’est pas forcément de mise. Le groupe s’est approprié tous les canons du Heavy Metal et n’en fait qu’à sa tête sur des morceaux comme « My Devil’s Rising », un titre 100% Heavy, nourri de solos, de parties mélodiques et des thématiques maidenesques... Ça parle de « piece of mind », tiens, tiens… Mais le groupe ne frôle jamais le plagiat bien que toutes ces influences soient détectables dès la première écoute ! Écoutez donc ce « Freewings Are Burning » qui sent le Judas Priest à des kilomètres ou bien la semi-ballade « Never Come, Never Gone » qui pourrait très bien figurer dans le répertoire d'Iced Earth... 

La surprise n’est donc pas au rendez-vous, mais le groupe a tenu à faire bien en intégrant différentes touches personnelles tout au long du l’album. On aura particulièrement apprécié les nombreuses intonations vocales de morceaux comme « Venus Kills Mars ». En effet, ce titre voit GGV, le bassiste de la formation, crier comme jamais les parties du couplet. 

Autre point important qu'il me semble important de souligner, le groupe est fort d’un univers qui lui est propre. Certes, beaucoup diroint que ce dernier frôle un peu le kitch, mais qu’importe, The Losts a apporté une trame logique à sa musique, une histoire qui progresse au fil des plages « Genesis - Livre III » et « … Of Shades & Deadlands ». Ainsi, différentes ambiances prennent le relais. Nous aurons été particulièrement surpris pendant notre écoute de « Lema Sabachthani » qui est riche de sonorités moyenâgeuses, ces dernières étant propulsées par la mandoline de YGC. C’est assez dépaysant, on a aimé ! 

Par contre, il est regrettable que la production ne soit pas à la hauteur de nos attentes… En fait, tout semble assez disproportionné, notamment cette basse sur « Freewings Are Burning » qui surplombe une partie du morceau, ou bien le « Motörcry » qui manque assez de relief, c’est assez cru, trop compressé et c’est dommage car les idées sont là. Ainsi, la question est: comment ces morceaux auraient-ils sonné si le groupe s’était un peu plus concentré sur le rendu final du mixage ? 

Une chose est sûre, The Losts ne changera pas la face du monde avec cet album, mais il a rappelé une chose: que le Heavy Metal est une histoire qui se vit ensemble et ce n’est pas le bonus track, la version « Support The Underground » de « My Devil’s Rising » sur laquelle ont participé des membres de Haircut That Kills, Doomforge et Sythera qui nous contredira. À bon entendeur.