Third Ion - 13/8 Bit

Third Ion est une formation de metal progressif réunissant des ex-membres du Devin Townsend Band et d'Into Eternity. 13/8 Bit est leur premier album après une tournée printanière l'an dernier dans leur Canada natal. Une version 8-bit de l'album est d'hors et déjà prévue bien qu'aucune date de sortie n'ait été annoncée.

Line-up :

Justin Bender (guitare/claviers)

Aaron Edgar (batterie)

Mike Young (basse/synthés)

Tyler Gilbert (chant)

Third Ion est le groupe ultime de geek.

Du progressif aux textes métaphysiques et scientifiques, aux visuels et à la musique influencée par les jeux vidéos des années 80. Difficile de faire un groupe aux vertues plus nerdy !

Et quoi de plus moderne que les ordinateurs, la physique quantique et les jeux-vidéos ?

Mais la modernité est une chose, l'originalité en est une autre.

Et voilà le principal problème de Third Ion : la personnalité.

Sur ce 13/8Bit tout est extrêmement bien joué et chanté. Rien à redire là dessus, on se surprend à reprendre gentiment le refrain de l'éponyme, le break de Mike Young et Aaron Edgar sur « Particle Replacement Mechanism » (introduit au mellotron, ce qui n'a rien de geek. Si?) impressionne par sa vélocité et l'ensemble est très bien produit (la batterie sonne de manière assez live ce qui est relativement surprenant au premier abord vu le style).

Seulement on est ici complètement dans le giron de Dream Theater que ce soit dans la musique ou dans la voix de Tyler Gilbert (constamment trafiqué), l'influence chiptune (musique de jeux-vidéos) est relegué en tant qu'intro/outro (« 13/8 Bit ») ou le temps d'un break (« Capitol Spill ») sauf sur « Zero Mass » qui l'exploite comme on le ferait dans l'indus. D'où l'impression d'avoir à faire à un gimmick et non à une composante même de la musique et ce même si le groupe insiste bien sur le fait que l'éponyme est composé en 13/8 (tout comme les non-musiciens d'entre vous cette indication m'importe autant que la période de saillie de la mouche). On trouve un peu de djent qui nous rappelle Periphery dans quelques riffs et sur l'intrumental « Van hAlien » qui clôt les débats. Mais la vraie parle de l'album se nomme « Collapse », moins alambiqué (dans l'ensemble son break n'étant pas vraiment Ramones dans l'esprit) et plus mélancolique ce titre est un vrai bon moment.

Il est moche de se dire que cet album sort bien trop tard quand il se veut tellement dans l'ère du temps. Seulement un prog aussi classique dans sa forme n'apporte rien de plus que ce Dream Theater a fait depuis ses débuts, inclure réellement de la musique de jeux-vidéo plutôt que de faire une version 8-bit séparée aurait assurément permis d'apporter quelque chose.

Third Ion a bien du mal à tenir ses promesses car lorsqu'un album s'appelle 13/8 Bit l'on s'attend à avoir un lot de son plus kitsch les uns que les autres rappelant Arkanoid et autres Mario Bros. Il n'en est rien ici, les fans de prog pas trop regardant trouveront leur bonheur car nul doute que Third Ion a des qualités. Elles sont justes un peu maigrelettes pour faire tourner la roue en 2015 et la roue existe depuis 3500 avant Jésus-Christ, ça n'a rien de métaphysique !