Thy Art Is Murder - Holy War

Après un EP et deux albums, Thys Art Is Murder revient avec un petit troisième sorti chez la grosse écurie Nuclear Blast le 30 juin dernier. Les australiens ont su, au fil de leurs neuf années d'activité, s'imposer comme une référence du deathcore "couillu", loin du coté parfois émo retrouvé chez d'autres groupes du genre, aux côtés de Whitechapel ou encore Carnifex. C'est donc à Holy War que l'on s'attaque aujourd'hui.

On peut aisément séparer les groupes de deathcore en deux factions bien distinctes, les groupes aux accointances émo et les brutes nourries au blast-beat floridien et au breakdown New-Yorkais. Thy Art Is Murder appartient clairement à la seconde. Le deathcore est un genre très délicat, on tombe très vite dans le chiant, le monotone, voir le moche. Peut importe le niveau des musiciens. A titre personnel, j'ai toujours trouvé Rings Of Saturn impressionant dans sa maîtrise instrumentale mais terriblement moche et creux.

 Maintenant on rentre dans le gras, l'album en lui même ! Visuellement je ne suis pas spécialement fan de l'artwork qui me donne des impressions de 3D pas très jolie, ou en tout cas pas adaptée à un artwork. Malgré cela, on se doit d'admettre le beau boulot fait sur les nuances de bleu jusqu'au noir, malgré un fond un petit peu vide. Ensuite, la musique. La première écoute m'a beaucoup surpris, notamment le premier morceau : "Absolute Genocide", réhaussé par une intro ambiante et des percussions restreintes aux toms graves. Par la suite, le morceau rappelle énormément Emmure. Heureusement les blast-beats reviennent bien vite et tout s'enchaîne comme il faut, ça groove, ça ralentit un petit coup et après à peine une minute et trente seconde : premier breakdown ! On ne trompe pas mes oreilles messieurs, le son de guitare mélodique froid et la rythmique imécable sont dûes à l'utilisation du fameux Axe FX II. C'est dommage, le son est légerement dénaturé, au même titre que Meshuggah ou l'actuel Devin Townsend.

"Light Bearer" est lui moins précipité et prépare bien le terrain pour le single : "Holy War". Lui aussi est introduit par des mélodies aux sons entièrements numériques mais se distingue par son refrain ma foi efficace, aidé par un chant pitch shifté. Et alors c'est quoi le chant pitch shifté ? En gros, c'est quand la même piste de chant est superposée à elle-même, à une hauteur de note différente. La plupart du temps, surtout dans le deathcore, on shift à l'octave supérieure ou inférieure. Au delà, l'album reste relativement monotone pour les non initiés au genre, certains diront que c'est "riff-blast-refrain-blast-refrain-breakdown-refrain" la plupart du temps. Malgré cela, l'auditeur averti se fera un plaisir de mémoriser les différentes rythmiques, parfois bien tordues. A mon goût cet album est trop cassant et pas assez fluide, mais après tout le deathcore n'a jamais été mon domaine, hormis Whitechapel. Essentiellement,  retiendrais de cet album "Emptiness" et "Fur And Claw" pour son solo, véritable rareté de l'album.

Et pour finir, on va parler des breakdowns, cette chose très importante que on attend tous pendant leur concert, ce moment qui ouvre le bal des moulinets de bras et des coup de pieds retournés, l'essence du genre en quelques sortes. De loin le meilleur et le plus prometteur en terme de machoires fracturées est celui de "Coffin Dragger", voix toute seul, guitare qui bave, double-pédale qui s'incruste et riff qui repart juste après. Juste derrière, "Emptiness" fait fort, le morceau plane et la redescente, brutale et marquée par le break, qui se retrouve réhaussé par les ligne mélodique précédente pour ce qui est surement le meilleur final de l'album.

Au final, l'album, axé sur la base blast-beats / breakdown / mélodies ambiantes, pourra se révéler fade et répétitif pour certains, là où les adeptes du genre verront la chapelle blanche remise au goût du "core". Pour ma part, je resterais toujours plus attaché à cette dernière.