Toothgrinder - Nocturnal Masquerade

Si vous êtes adeptes du Metal Progressif, le nom de Toothgrinder ne vous est certainement pas étranger ayant sillonné les routes avec Periphery notamment. Le très prometteur EP sorti en 2014 The Schizophrenic Jubilee nous a déjà donné un avant-goût de ce que peut nous proposer le quatuor du New Jersey. Cette année, ils nous reviennent un LP intitulé Nocturnal Masquerade sorti chez Spinefarm Records et qui sera, espérons-le à la hauteur de nos attentes.

Dès le premier titre, on sent qu’il y a de la maturité chez ces gars de Toothgrinder tant au niveau de la composition qu’au niveau de l’arrangement malgré leur jeune âge. "The House (That Fear Built)"  ouvre le bal avec une mélodie entraînante qui rappelle un toucher à la Tosin Abasi (Animals As Leaders) et qui va crescendo vers un morceau énergique qui ne vous laissera pas indifférents. Un morceau mid-tempo trsnsporté par un riff groovy très addictif. Alors, ne nous méprenons pas parce que le combo a plus d’un tour dans son sac. Le titre suivant « Lace And Lanchor » est un morceau rentre-dedans et fédérateur qui ravira aussi bien amateurs de riffs endiablés propres aux « djent-lemen » que des simples amateurs de mélodies entrainantes et nul doute que celui-ci cassera plus d’une cervicale grâce au blast-beat savamment distillé en milieu de morceau. Toothgrinder ne fait pas dans l’étalage technique superflu malgré la virtuosité manifeste de ses membres. Tout est parfaitement maitrisé et la technique est véritablement au service de chaque morceau. Cette impression de maitrise est ressentie tout au long des douze titres qui composent Nocturnal Masquerade. On ne s’évertuera certainement pas à une standardisation systématique parce chacun de ces titres est à la fois une découverte et une jouissance musicale. Des titres comme « The Hour Angle » ou «Lace And Lanchor » vous secoueront dans le bon sens du terme  tandis que des « I Lie In Rain » ou « Dance Of Damsels » vous berceront par leurs rythmes joués moderato. Cette diversité de l’album ne nuit pas pour autant à sa cohérence générale. Même l’alternance chant clair/chant hardcore est exécutée de façon judicieuse évitant l’ensemble de sombrer dans une ambiance lancinante. Les influences du groupe sont palpables et sont maquillées de fort belles manières bien qu’on ressente planer l’ombre d’un The Dillinger Escape Plan ou encore d’un Mastodon dans leur construction musicale. Ce qui est très marquant dans Nocturnal Masquerade, c’est la solidité de la section rythmique avec une mention spéciale pour le batteur Wills Weller avec un sens du groove rappelant un certain Danny Carey (Tool).

Bénéficiant d’une production irréprochable et soutenue par une solidité rytmique de haute volée, Nocturnal Masquerade est à mettre entre toutes les mains. Toothgrinder nous gratifie là d’un Metal Progressif qui est loin d’être indigeste comme bons nombres de formations du genre qui se perdent dans les abysses de la technicité systématique en oubliant l’essentiel, le groove.