Triggerfinger - By Absence of the Sun

Les Belges de Triggerfinger reviennent en puissance avec la sortie de leur nouvel album By Absence of the Sun qui sortira le 21 avril chez nos amis de Verycords. Les Anversois nous proposent douze nouveaux titres qui prennent place après leur victoire aux Music Industry Awards (4 récompenses : Best Live Act, Best Alternative, Best Band, Single of the Year). Un palmarès impressionnant tout en sachant que cette dernière production n'est autre que leur cinquième.

Line up : 

Ruben Block (chant guitare)
Monsieur Paul (basse)
Mario Goossens (batterie)

Alternant un son très bluesy/rock/pop le trio entre la matière avec le titre Game. Une atmosphère nous renvoyant fin 70s mais avec une touche de modernité amenée par Ruben Block qui dégage tout de suite quelque chose de prenant, avec une intonation se définissant par l'expression de sentiments. Une entrée en la matière plutôt réussie, le trio respecte parfaitement les règles du genre tout en amenant une émotion forte.

On note tout de suite la qualité du mixage qui laisse parfaitement place aux différents instruments, basse, batterie, guitare sont séparées quand il le faut et se marient de manière égale lors des sessions plus punchy.

Le passage « pop music » se ressent majoritairement pendant les chorus qui sont attractifs (Perfect Match, By Absence of the Sun, Black Panic). Cependant le respect structurel des morceaux apporte un aspect oldschool/vintage qui n'est pas pour nous déplaire.

Autant le premier morceau sonnait blues, le second pop, le troisième (titre éponyme) est ici très rock par sa rythmique. Entraînant sans pour autant tomber dans l’over accessibilité. On garde en tête une musique qui se dénote grâce à sa sonorité. (typée Queens of the Stone Age, ZZ top, Nirvana, The Raconteurs, The Black Keys)

Je pense que ce qui fait le plus de cet album, c'est le fait que les Triggerfinger marquent définitivement leur identité sonore. Avec le trio : guitare/basse/batterie reconnaissable à travers leurs différentes sorties. De toute évidence, à partir du moment où l'on peut poser un nom sur un son, c'est toujours positif.
Par dessus ça, j'ai quand même l'impression d'avoir déjà écouté cet album... étrange !

L'introduction d'Off the Black me fera vaguement penser à Jimi Hendrix, avant de faire allusion à du David Bowie (que l'on retrouvera aussi sur Trail of Love) dès les premiers mots de Ruben Block. Il est étrange de se retrouver entre les 70s/80s avec les touches psychédéliques et la rythmique très carrée. Cette sensation est appréciable à la seule condition de connaître ses classiques (soyez attentifs!). Soulignons également la parfaite maîtrise de Monsieur Paul qui nous offre vraiment le plaisir d'une ligne de basse ainsi que celle de Mario Goossens.

Virage à 90° avec Halfway There qui vient stopper notre écoute rythmée par l'overdrive des guitare. Une chanson lente, psyché, tordue... sans pour autant rentrer dans de l'expérimental. L'atmosphère est dérangeante, le trio nous désoriente totalement et nous ramène au début du labyrinthe. Car les deux titres suivants n'arrangent pas notre voyage. Pour tout dire, sur Trail of Love, j'ai eu l'impression d'entendre un certains Chino Moreno (Deftones).

Le grunge et le rock psychédélique prennent le dessus sur le blues pop annoncé en début d'album. Hybride intriguant mais efficace. En attendant on saluera la prestance de Triggerfinger avec cet album qui s'annonce être une franche réussite. La foultitude de références et les mélanges de styles donnent à cette production un intérêt tout particulier. A écouter en détail pour certains ou d'une traite pour d'autres.