Trivium - Silence In The Snow

Trivium Chapter VII. Silence In The Snow dernier opus en date du groupe confirme et entérine la mutation musicale entamée avec Vengeance Falls faisant table rase des étiquettes réductrices pour libérer sa musique de tout carcan stylistique et s’affranchir des codes. Le parti pris par Trivium va certainement énerver, désorienter et certains passeront leur chemin et maudiront cet album pourtant d’une qualité certaine. On est assez loin de l’univers d’Asymetry ou d’In Waves dans le concept, mais Silence In The Snow respire la sincérité, la liberté artistique et rend avec subtilité hommage aux grands prédécesseurs que sont Iron Maiden, Saxon, Dio et Judas Priest avec pour ces derniers une admiration sans borne pour l'album Painkiller.

Line Up

- Matt Heafy - guitare, chant.

- Corey Beaulieu - guitare, chœurs

- Paolo Gregoletto - basse, chœurs 

- Mat Madiro - Batterie

Out les alternances de chant clair et les interventions saturées, out le prétexte Metalcore... Nous avons entre les mains l’album d’un groupe qui s’est émancipé et nous livre un album de Heavy Metal moderne s’invitant par là même à la table de Five Finger Death Punch, 36 Crazyfists, Times Of Grace... et pour le son général des deux derniers albums d’In Flames.
Il n’y a pas grande surprise à entendre Trivium dans ce registre musical, souvenons-nous de «Watch The World Burn» (In waves) «Dying In Your Arms»  (Asymetry) ou «Strife» (Vengeance Falls) pour ne citer qu’eux, leurs albums ont toujours était marqués de titres plus directement connotés Heavy Metal, là où ils nous surprennent, c’est qu’ils s’y consacrent dorénavant corps et âmes, à temps plein avec un résultat plutôt réussi et digne d’intérêt.

«Silence In The Snow» «Until the world Goes Cold» «Blind Leading the Blind» ou «Rise Above The Tides» sont des titres d'une efficacité sans faille, aux refrains mémorisables, entêtant à souhait, voués à être repris par le public en live. Trivium n’a rien perdu de sa fougue ou de sa précision dans le jeu, les solos ciselés sont présents tout au long de l’album, toujours aussi excellemment joués, parfaitement maitrisés, pertinents et inventifs et possèdent ce petit plus qui nous les fait apparaitre encore plus immédiats, plus travaillés avec davantage de relief et de profondeur. La part belle est faites aux harmonies, au feeling, à la musicalité et grâce à une production d’orfèvre Silence In The Snow prend une dimension toute particulière avec ce choix de placer la mélodie au centre du travail de composition du groupe.

Avec cet album l’orientation instrumentale de Trivium se veut certes moins agressive, plus nuancée, les ambiances prenant le temps d’être posées, fournissant aux chants une voie sans limite pour développer l’approche résolument mélodique des lignes lead, seconde voix et des choeurs. On devine un énorme travail en studio mais aussi en amont de la part de Matt Heafy afin de placer son chant comme il désire et le travail paye car le chant, gorgé de feeling, d’émotions et d’authenticité fait office d’étendard fédérateur sur Silence In The Snow. Vengeance Falls l’avait esquissé, Silence In The Snow le confirme, exit le chant saturé, le groupe l’a définitivement mis au placard, privilégiant l’écriture et la spontanéité plus que les codes de genre.

Silence in the snow n’est probablement pas l’album que la grande majorité des fans attendaient et souhaitaient de la part de Trivium mais ces derniers se sont offert avec cet album un nouvel avenir, un nouvel espace musical plutôt attachant et augure de belles choses pour le futur de Trivium. Un album audacieux et réussi qui marque pour le groupe l’ouverture d’un autre chapitre de sa déjà respectable discographie, alors ne boudons pas notre plaisir et laissons nous emporter par ce Silence In The Snow.