Tyrant Fest - Jour 1

Presque deux heures de route séparent Lille d’Amiens, mais toutes les raisons étaient bonnes pour se rendre au Tyrant Fest ! Avec une programmation estampillée Death/Black, l’équipe organisatrice tenait bien à faire vivre Amiens, qui manque cruellement de festivités Metalliques ! C’est à 18 heures que nous arrivons sur les lieux, la Lune des Pirates, une salle intimiste, qui nous a réservé de belles surprises ! 

C’est après un long périple en Europe que Dunkelnacht a reposé ses flightcases dans la région. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Fort d’un nouvel EP, Ritualz Of The Occult, Dunkelnacht ne cesse de gagner en réputation… Et si le changement de line-up n’était pas pour rien ? On ne peut dire mieux. MC Abagor apporte définitivement « ce petit plus » qui permettra sans doute au groupe de percer outre les frontières hostiles de France. 

C’est bien ce bilan que l’on retient du show qu’ont donné les nordistes ! Dès les premières mesures de « Klaustrophobik Inoculum », une épaisse fumée s’étend dans la salle et vite, nous comprenons que les Dunkelnacht ne sont pas là pour en découdre, au contraire. Le show mêle subtilités mélodiques (on ne sera pas restés insensibles devant la basse rebondissante et grasse de Ronan sur « Pretty Lovesick Funeral ») et agressivité comme le suggèrent les nombreuses parties de headbanging des membres du groupe. Ça tourne, ça tourne, et ça tourne encore ! 

La foule demeure attentive devant cette représentation des Enfers. Le tout est particulièrement malsain… Leur show, très travaillé, est millimétré de A à Z. Non seulement les morceaux « Pretty Lovesick Funeral » et « In The Halls Of Tortured Idols » sont très bien interprétés (ces parties de blast, un régal !), mais le groupe assure également lorsqu’il multiplie les interactions avec son public qui s'avère assez receptif ce soir. MC Abagor, à plusieurs reprises, lui demande de bouger et de former un pit - ça n’arrivera finalement pas - mais on aimera son côté naturel, et surtout sa voix qui oscille entre le Death et Black. Pourtant étranger (« Sorry guys, I’m not a frenchman »), il a montré qu'il était désormais un membre à part entière en re-visitant à sa manière les titres des premiers albums de Dunkelnacht

Mais les Dunkelnacht n’ont pas pour autant oublié de promouvoir leur nouvel objet, Ritualz Of The Occult en interprétant le morceau phare de cet EP et « Enthroned In The Light ». Maintenant que le mal est fait, nous ne pouvons que souhaiter à la formation de poursuivre son petit bonhomme de chemin en espérant que de nombreuses opportunités s’offriront à eux ! 

Phazm est de retour ! Et en plus, ils ont sorti un nouvel album, Scornful Of Icons ! Et en plus, ils sont programmés à la Lune Des Pirates à l’occasion du Tyrant Fest. Les fans s’étaient passés le mot, il ne fallait sous aucun prétexte rater ce concert ! Retour oui, mais pas question de faire table-rase du passé ! 

Pierrick et sa troupe s’élancent sur scène et parfument leur public à coup de riffs Black/Death teintés d’une couleur Rock n’ Rollesque dès « Ginunngagap ». Ça tambourine, ça groove et la salle se prend vite au jeu. Il se décoince et la violence s’invite à la fête ! Les non-initiés seront également conquis par la dextérité dont fait preuve le leader, décidément en forme ce soir. Ses solos, très travaillés sur « Damnation » et « Never to Return », prouvent une fois pour toute que le bonhomme n’est pas un novice en la matière. À plusieurs reprises, il s’en prendra au public, et n’hésitera pas à gueuler: « Est-ce qu’il y a des guerriers dans la salle ? » avant d’introduire un de leur morceaux phares, « Conquerors March ». Oh oui, nous sommes là ! 

Pierrick, décidément sur tous les fronts, est en voix et montre qu’il passe un bon moment ! C’est à dire que le groupe profite de conditions de jeu plus qu’honorables. La régie de la Lune des Pirates met en avant toutes les facettes de leur musique grâce à un jeu de lumière qui se veut perspicace et en plus, le mixage convient parfaitement. On ne demandait pas mieux ! 

Si leur dernier album a perdu une partie de l’aspect « Death n’ Roll » si cher au groupe, ce semi-Death/Black a au moins eu le mérite de varier les tonalités de leur setlist comme l’illustrent les quelques extraits de Scornful Of Icons interprétés ce soir. Ainsi, les ambiances plus « funky » se sont mélangés à de titres plus sombres à la Emperor pendant « Scornful Of Icons » et « The Godless Pope »…

Mais c’est à la fin du show que les choses se gâtent, un aventurier persiste et se lance dans ce qui sera le premier et le dernier slam de la soirée dans une salle qui fait moins de 30 mètres carré, et je ne vous dis pas les dégâts ! Quoiqu’il en soit, c’est « So white, So Blue, So Cold » qui clôture le set de Phazm

Que retenir de ce concert ? Que Phazm a assuré son come-back. Qu’il a un très bon album à promouvoir et qu’il n’a décidément pas dit son dernier mot. Que Phazm a vraiment tout pour reconquérir une partie de son public pour ainsi s’affirmer comme une valeur montante du Metal français. Souhaitons-leur bon courage, car ils le méritent !

L’équipe de Metal Cunt est avide d’Otargos, notre photographe, François Lampin, ne nous contredira pas, et on ne lui en fera pas tort car, vous le savez tout aussi bien que nous, Otargos s’est construit une réputation sans faille ces cinq dernières années. Une réputation sans faille qui s’est bâtie grâce au travail acharné qu’a fourni Ulrich en nous sortant des albums aussi variés les uns que les autres, je parle de No God, No Satan, Apex Terror et bien sûr Xeno Kaos sorti, il y a peu, chez Kaotoxin’ 

Pour ce qui est du concert, Otargos nous offre ce qu’il sait faire de mieux, un show non seulement élaboré à partir des titres phares de sa carrière, mais aussi à partir d'effets visuels: les nombreux jeux de lumière s'associaient parfaitement avec les lasers et l'accoutrement des musiciens, tous grimés de noir ! Noir, c’est noir ! Plus infernal tu meurs quand se jouent devant nous les titres « Infernal Legions Strike A.E.  » et « The Ruinous Powers ». La claque ! 

Le show est homogène, le groupe alterne entre les titres mid-tempo, plus lourds en apparence et les titres au tempo plus élevé. Et bien qu’une partie de la fosse reste assise au niveau des gradins prévus à cet effet, une petite poignée d’aficionados demeure devant la scène et fait valser sa tignasse au son de « Xeno Kaos » et « Human Terminate ». Ça faisait plaisir ! L’ambiance mécanique prend toujours, et comme d’habitude leur personnalité fait mouche auprès du public. Il s’agissait de headbanguer sur les rythmiques houleuses de « Deadstar ». Décidément, un concert d’Otargos ne laisse jamais indifférent.

Après un ultime rappel « Cloning The Divine », c’est tout satisfaits que nous ressortons de la prestation d’Otargos. C’est à dire que le groupe sait maintenir l’intérêt en proposant une setlist différente d’un show à l’autre ! Et il ne fait aucun doute que ce n’est pas la dernière fois que la team de Metal Cunt aura affaire à lui ! À bon entendeur ! 

Les deux heures de route auront valu le coup ! Ce soir-là, nous avons assisté à la prestation de trois groupes qui ont fait honneur à leur public ! Malheureusement, nous n’avons pas pu assister à la deuxième journée du festival. Gageons qu'elle fut tout aussi palpitante que la première !

Remerciements: Alex, et toute l'équipe de Nao Noïse .