Ugly Kid Joe - L’Aéronef - Lille

Alors que le Hellfest vit sa première journée, à Lille, c’est plus tranquille. Il fait beau, les gens sont de sortie et les bars et terrasses font gentiment le plein en cette fin de journée du vendredi 16 juin. Et à l’Aéronef, on ne s’y est pas trompé, on a même sorti la pompe à bière à l’extérieur, histoire de patienter à l’air libre pendant que tourne Wayne’s World en français (rien ne vaudra jamais la V.O.). Oui, un film en première partie de concert, dans la grande salle de l’Aéro, ça peut étonner. Et ça étonne d’autant plus qu’en fin de compte le seul groupe du soir jouera dans le club de l’Aéronef…

Et ce groupe c’est Ugly Kid Joe. Alors dans ce cas, les premiers rangs sont déjà en train de se remplir alors que le film n’en est même pas à la moitié de sa diffusion. Le générique, enfin l’énième fin terminée, le concert ne traîne et s’entame sur une longue intro laissant tranquillement rentrer les musiciens du groupe. Cordell Crockett semble être sorti tout droit d’un groupe comme Suicidal Tendencies et le batteur Zac Morris est en slibard, du coup, Klaus Eichstadt et Dave Fortman semblent franchement normaux !

"Neighbor" sonne la charge et avec elle l’arrivée de Whitfield Crane, le bras en écharpe mais motivé comme pas deux ! Et c’est parti pour presqu’une heure et demi de hard rock old-school, vif mais pas brutal, entrecoupé par de nombreuses prises de paroles – souvent drôles, faut le reconnaitre – du frontman. Autour de moi, c’est du quadra ou presque, venu avec les enfants pour certains, preuve s’il en fallait une que ce groupe sait traverser les âges et compte toujours une fan-base qui les suit. Qu’ils soient du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de Belgique, de Hollande ou même d’Angleterre et d’Allemagne, on était peut-être 400, mais ça venait de partout et l’état d’esprit était juste parfait.

La setlist défile, emmène avec elle un public qui n’en demandait pas tant : un vrai bond en arrière pour beaucoup avec des titres de quasi trente ans et, pour autant, se montre toujours assez actuel. Certes ça sent fort la nostalgie, notamment avec des titres comme "So Damn Cool", "I’m Alright" ou "V.I.P.", tous emplis d’un certain cliché mais pour lequel on ne peut que ressentir de l’affection, ou le plus urbain "Funky Fresh Funky Club" qui se montre à la hauteur dans les rappels, Ugly Kid Joe a su montrer avec une certaine ferveur que la petite salle de l’Aéronef leur allait bien et n’ont pas montré une once de retenue dans un set qui a ravi un auditoire tout acquis à la cause des Américains.

Qui aurait pu dire qu’un jour Ugly Kid Joe aurait joué dans le Club de l’Aéronef et que tout le monde, groupe comme public, aurait été content ? Les années passent, les Américains n’ont peut-être plus la forme d’antan mais gardent en eux cette honnêteté et cette aisance qui sied à leur hard rock sans complexe et sans recherche d’autre chose que le plaisir. Et là-dessus, c’était quasiment gagné d’avance !

Merci à Danièle et l’Aéronef pour l’accréditation et la confiance accordée.