Ultra Vomit - Dog'N'Style - Rombas - 08/05/2015

Trois ans que le metal potache des Nantais d’Ultra Vomit n’a pas résonné dans une salle. Sept ans se sont écoulés depuis leur dernier album, le mythique Objectif : Thunes. Pourtant pas moins de 650 personnes remplissent le Centre Culturel de Rombas (qui accueille sa troisième date metal en un an après Loudblast/Benighted et Lofofora) pour voir le quartet sur cette « Tournée de Malade » comportant beaucoup moins de dates que le « Renouvellement Of Intermittence » il y a trois ans.

Un brin d’humour n’ayant jamais fait de mal à personne nous nous sommes donc rendus à Rombas (prononcez « rond », « bas » et non pas « rond », « basse ») pour prendre une dose d’immaturité comme on en fait pas.

Pour ouvrir la soirée nous retrouvons nos poulains de Dog’N’Style et leur heavy rock entre Black Label Society et Puddle Of Mudd, pile entre leur première tournée Française et leur première tournée Russe qui débutera moins d’une semaine après cette date.

Les quatre vosgiens sont donc remontés comme des coucous suisses dès qu’ils entament « Welcome To The Dog House », titre d’ouverture de leur premier EP sorti en janvier dernier. Aidé par des conditions scéniques optimales (bien que le son reste perfectible au niveau de la batterie notamment), les chiens prennent rapidement les rombasiens (rebaptisés les « enculés » par Ultra Vomit plus tard dans la soirée) à la jugulaire et ce même si Grég (chant/guitare) est visiblement très tendu lors des deux premiers titres. Ainsi dès « Never Trust An Asshole », premier des quatre ( !) nouveaux morceaux que le combo nous offre ce soir, nous pouvons voir les premiers pogos de la soirée diviser les premiers rangs. Ces nouvelles compos montrent tantôt leur visage le plus heavy, tantôt leur visage le plus mélodique et ce avec une grande progression qui présage du meilleur pour la suite. Habitué à se produire dans des petits lieux, le groupe ne se laisse pas impressionner pour autant et Grég et Yan (guitare) prennent littéralement possession de la scène. L’on ne peut aussi oublier le gros boulot de Boub (ex-Blame, Untamed) derrière les fûts, avec sa frappe de brute et son jeu très visuel qui en font un atout de premier ordre pour le heavy rock aux sonorités US des vosgiens. Alors que l’on s’attend à un petit sing-along Yan sépare la foule en deux pour un wall of death des familles, bien suivi sur le sautillant « Furious Trigger » bien que « First Blood », accéléré plus que de raison et pour lequel le groupe a tourné un clip le mois dernier, reçoit le meilleur accueil de la soirée notamment grâce à son break bien repris par le Centre Culturel. Après le tube de leur EP « Sluts & Whiskey », véritable bombe de stoner redneck et deux nouveaux morceaux, Dog’N’Style quitte les planches sous des applaudissements nourris et mérités.

Alors certes il y a des pains, le tout sonne encore un peu jeune (en même temps le groupe n’a que deux ans d’existence) mais l’esprit est bien là, l’énergie et le talent aussi. Après une date pareille on se souvient de la raison pour laquelle nous vous martelons les oreilles à propos de ces jeunes dogues. Fan de hard rock vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Setlist Dog’N’Style :

Welcome To The Dog House

Never Trust An Asshole (Nouveau Titre)

(Nouveau Titre)

Furious Trigger

Mr Coyotee

First Blood

Sluts & Whiskey

The Best Of Me (Nouveau Titre)

(Nouveau Titre)

 

Comme dit en préambule, Ultra Vomit n’a rien publié de neuf depuis 2008, un nouvel opus étant visiblement en chantier depuis deux ans. La légitimité de cette tournée peut donc être remise en cause, bien qu’elle permette de découvrir Mathieu Bausson, sixième bassiste d’UV qui remplace Pierre Jacou parti chez Black Bomb A. Présenté comme leur futur ex-bassiste tout au long de la soirée, ce dernier est déjà bien intégré et prend un plaisir apparent. Ayant déjà vu le groupe lors de sa précédente tournée (à Sedan quasiment il y a trois ans jour pour jour) l’intro (raté la première fois) ne me rassure pas quant à la fraîcheur du show. Car c’est bien un show que le quartet propose, à la fois musical mais surtout comique. Déjà bien remplie pour les vosgiens, la salle est blindée pour accueillir les rois de la soirée. On retrouve le générique de la Fox avant que le groupe ne débarque en tenue d’hôpital (afin de coller à la tournée de malade !) sur trois des tubes d’Objectifs : Thunes (cf setlist). L’ambiance décolle immédiatement, ça chante dans tous les sens, la fosse s’excite un peu (cependant moins que ce que nous aurions cru), ça joue extrêmement bien (ce « Gremlins At The Gates » vraiment superbe !) avec un super son pour ne rien gâcher et la valse des blagues commencent. Ainsi Nicolas « Fétus » Patra (chant/guitare) se prend pour Messmer et tente d’hypnotiser les fans afin de leur faire oublier tous les autres groupes de metal et de les faire acheter du merchandising avant « Mountains Of Maths ». Par la suite il nous fait croire que nous avons mis littéralement le feu à la salle sur la nouvelle compo « Au Feu », puis sépare la salle en deux pour nous faire choisir entre les deux grandes forces qui divisent le monde : le pipi et le caca !Et ce avant un « wall of chiasse » d’hors et déjà culte. Emmanuel « Manard » Colombier (batterie) a toujours droit a son moment de gloire, il reprend cette fois un standard du rugby : France Gall et sa « Poupée De Cire, Poupée De Son » transformée en pamphlet contre leurs « Ingé Lumière Et Ingé Son » après un « problème technique ».

Rien de bien nouveau sous le soleil pour qui a vu Ultra Vomit il y a trois ans me direz vous et vous aurez parfaitement raison. Les trublions utilisent leurs gimmicks qui certes marchent à la perfection et restent très drôles mais l’ensemble commence à manquer de fraîcheur. Nous voyons ainsi une nouvelle victime qui devient le « Pov’Connard » du soir (salut à toi « P’tit Mike »), Manard ressort sa reprise barrée et ses jeux de mots pourris. Les quelques « nouveautés » du set ont du mal à faire passer la pilule, le précité « Au Feu », « La Chanson Médiévale » qui tournait sur la toile depuis quelques années (interprétée à la demande générale selon Fétus qui la décrit comme « nulle »), une excellente reprise du thème de Batman de Danny Elfman (qui a le mérite de redonner douze ans d’âge mental à votre serviteur), ce « Pipi Vs Caca » très court, une reprise du générique d’une Famille En Or,  « Ce N’est Qu’un Au Revoir » en dernier rappel et enfin une version un peu remaniée de « Je Collectionne Des Canards (Vivants) » avec notamment un refrain reggae. Tout cela ne pèse pas bien lourd pour un groupe qui n’a rien sorti depuis sept ans. Loin de moi l’idée de jouer les troubles fête mais difficile de passer cet état de fait sous silence, car impossible de dire que Rombas a passé un mauvais moment mais l’impression que cette tournée n’est pas très justifiée se fait ressentir. Reste que le quartet est le meilleur représentant du comic show metal et continue d’assurer la fiesta, suffit maintenant de sortir un nouvel album et de proposer un vrai nouveau set.

Setlist Ultra Vomit :

Intro (Générique Fox-BO Gladiator)

Darry Cowl Chamber

Mechanical Chiwawa

Les Bonnes Manières

Une Souris Verte

Gremlins At The Gates

Je Ne T’ai Jamait Autans Aimer

Mountains Of Maths

Au Feu (Nouveauté)

Jack Chirac

La Chanson Médiévale (Nouveauté)

Pov’ Connard

Croute De Pus

Welcome To The Jingle/Je Possède Un Cousin

Thème Batman (Nouveauté)

Ingé Lumière Et Ingé Son (Poupée De Cire, Poupée De Son Cover)

Medley Mr Patate (Captain Igloo, Judas Prost)

I Like To Vomit

Pipi Vs Caca (Nouveauté)

Rappel:

Cover Générique Famille En Or (Nouveauté)

Quand J’étais Petit

Je Collectionne Des Canards (Vivants)

Rappel 2 :

Ce N’est Qu’un Au Revoir (Jeanne Manson Cover) (Nouveauté)

Une belle soirée en somme, pas gâchée par la réserve qu’il faut avoir sur le concert des rigolos (eux qui ont pris le temps de signer moult autographes après celui-ci). Il ne reste plus qu’à espérer que le groupe balance enfin de nouvelles vannes afin de rafraîchir tout cela. Dog’N’Style a prouvé ce soir qu’il était capable d’ouvrir pour des groupes de renommée internationale et qu’il est capable de faire bien mieux encore que ce qu’il a proposé sur son premier essai. Bravo à Julie et à l’Espace Culturel de Rombas, qui peut à ce rythme devenir un bon lieu de rendez-vous pour des dates importantes de la scène française (et pourquoi pas internationale ?) en Lorraine.

Un grand merci à Julie pour l’invitation et à Bénédicte pour les photos.

 

Photos par Bénédicte Duval