Undead - False Prophecies

Undead est un groupe nouvellement signé chez Listenable Records qui arrive à susciter notre curiosité tant on ne connait pratiquement rien du pedigree d’aucun des membres. Avec son premier LP intitulé sobrement False Prophecies, le quintette entend nous téléporter vers le death metal des années 90 en assumant pleinement des influences telles que Possessed, Asphyx, Repulsion et surtout les non moins cultes Death. Rien que ça. Nul doute que derrière la facette sibylline de ces morts-vivants se cachent des musiciens émérites qui n’attendent qu’à nous hanter avec des compos élaborées outre-tombe.

D’emblée, la pochette n’est pas sans rappeler le Hatebreeder de Children Of Bodom avec le reaper sur fond ténébreux à dominante verte. Une jolie pochette somme toute en dépit de cette ressemblance qui, espérons-le, n’est que fortuite. N’allons pas néanmoins trop vite en besogne parce que la similitude s’arrête là. Undead officie dans un registre totalement différent de COB. Bien que je déteste cette qualification de death « old-school », c’est de cela dont il est question ici. A la première écoute, on remarque tout de suite cette voix gutturale et caverneuse typique qui a fait les beaux jours de maintes formations death le temps d’une décennie. De ce côté-là, il n’y a pas grande chose à redire parce qu’on sent qu’il y a du vécu derrière le micro. Une voix maitrisée qui retranscrit parfaitement cette atmosphère inquiétante voire oppressante de l’époque à laquelle nous n’étions plus habitués. Les phrases étant ponctuées vers la fin à la manière d’un Johnny Edlund d’Unleashed rendant d’autant plus crédible l’ensemble. Côté rythmique, on ressent la cohérence entre les huits titres qui gardent le même fil conducteur avec ces riffs typiques de l’époque plutôt tirés vers le grave et ces caisses claires martelées, quasiment réglées à l’horloge atomique sans parvenir à nous saturer.

Les influences d’Undead apparaissent de manière sporadique comme sur le titre "Unbound To Eternity" ou sur l’excellent "Praise The Absurd" avec ces riffs mélodieux, syncopés et entrainants que Chuck Schuldiner n’aurait certainement pas renié. Les soli sont savamment distillés et cassent par intermittence le semblant de monotonie qu’on peut ressentir au gré des titres. On pourrait situer Undead à mi-chemin entre Death pour ses breaks mélodiques et techniques, et Entombed époque Left Hand Path (1990) pour son côté plus brute. Au final, False Prophecies parvient à nous captiver sans forcément surprendre. Dans l’ensemble, c’est un album réussi même si ce n’est pas un chef-d’œuvre. Undead arrive à ses fins en nous transportant le temps d’un album vers les antres des nineties, et ce n’est déjà pas une sinécure.

Le seul reproche qu’on peut émettre à l’encontre de cet opus, c’est d’avoir une production un brin trop clean en érodant au passage son côté brut et primitif ainsi qu’une once de fantaisie signée Undead lui permettant d’atteindre l’excellence. Mais rassurons-nous, ceci n’est pas rédhibitoire et osons dire que c’est une façon pour le groupe d’apporter une touche de modernité à son édifice. Espérons qu’ils réussiront avec cet album à réveiller l’intérêt des adeptes du genre et inciter d’autres à les suivre. Dans tous les cas, ils sont bien partis pour, en attendant qu’ils émergent de nouveau des profondeurs pour nous hanter…