Unhold - The Towering

Formé à Berne en 1992, Unhold est un quintet post-hardcore qui publie en ce début 2015 son quatrième album : The Towering. A leur actif des shows avec Crowbar, A Storm Of Light, The Ocean, Sick Of It All ou encore Biohazard.

Line-up :
Leo Matkovic (basse)
Miriam Wolf (claviers/chant)
Philipp Thöni (guitare/chant)
Daniel Fischer (batterie)
Thomas Tschuor (guitare/chant)

En matière de postcore ce sont les groupes qui transmettent le plus d'émotion qui sont les meilleurs. C'est pourquoi des formations comme Isis ou Pelican n'ont pas de chanteur, leur musique se suffit à elle même, elle exprime déjà suffisament d'émotions par elle-même. Il est de plus en plus dur de trouver des chanteurs compétents, à l'heure où The Voice et autres dénicheurs de talents sont censés mettre en avant les plus belles voix de notre beau pays, le chant devient donc un élément de plus et non plus la cerise sur le gâteau.

Dans le style Unhold se montre très doué, avec un song-writing de très bon niveau majoritairement lent, les morceaux évoluent de manière logique et inspirée avec des guitares pas aussi lourdes que ce que l'on peut trouver habituellement dans le genre mais plus mélodiques. The Towering paraît donc bien plus lumineux et positif que tout ce qui se fait en matière de sludge/postcore ces dernières années, reste que « I Belong », « Towering » ou encore « Dawn » se montrent bien lourd et écrasant avec une touche toute « neurosienne » bien que le géant américain reste (et restera) inimitable. Les claviers et le piano de Miriam Wölf proposent des plans très intéressants dont certains peuvent évoquer Ghost (« I Belong »), ce son très grandiloquent proche d'un choeur d'église, sans tomber dans le sympho. Dommage que celui-ci soit trop en retrait dans le mix à de nombreux moments. Dans ces conditions les vocaux rugueux des suisses paraissent parfois de trop (« Containing The Tyrant », « Death Dying ») tant la musique est déjà expressive, le fait que les vocaux en question soient très approximatifs n'arrangent rien. Au final c'est Miriam, qui s'en sort le mieux dans l'exercice chanté comme sur ce « Southern Grave » plus stoner ou encore sur le plus envolé « Voice Within ». Bien que The Towering soi un concept album, les trois interludes bruitistes qui le découpent ne sont pas indispensables et ne permettent pas de rentrer plus en profondeur dans l'univers de Unhold.

Unhold est un groupe bourré de qualités qui passent largement au dessus de leurs quelques défauts, le quintet reste un très bon représentant du genre en Suisse. Avec un chant moins bancal et une production un peu plus « nette » le groupe ferait des merveilles, là où il fait « seulement » des étincelles.