Unleashing The Beast - Jusqu'aux Dernières Heures

Le Metalcore est le genre de courant Metallique qui divise. On peut se demander s’il a encore des cartes à jouer ou bien s’il peut réussir à déjouer les clichés dont sa communauté souffre. Mais Unleashing The Beast, visiblement motivé à se faire un nom dans le paysage musical, sort son premier album après une démo éponyme relativement bien accueillie par la critique et autres labels comme  M & O Music et la structure M & O Office qui, en véritables parrains, ont contribué de leurs pleins grès à la sortie de ce premier album, le bien nommé Jusqu’aux Dernières Heures. Le groupe remplit-il le contrat du renouveau du genre ou a t-il stagné dans la banalité ?

Souvent, quand on parle de Metalcore, ce sont les mêmes structures et expressions qui reviennent. Les aficionados du genre parlent de « Breakdown » ou même de « Mosh Part ». Et cette première galette de Unleashing The Beast ne manquera pas de doser ces parties pour envisager d’éventuelles animations dans le Pit. Et c’est dans cette optique que nous devons considérer Jusqu'aux Dernières Heures. C’est un corpus qui comprend des titres exclusivement et uniquement taillés pour la scène grâce à leur structure simple mais efficace à faire mosher une salle entière. Toutes personnes qui renient cela ne seront pas en mesure d’apprécier cette pièce à sa juste valeur. 

Grâce à une production digne de ce nom, les guitares font l’effet d’une mitraillette dès la fin de l’introduction futuriste « XXI. XX. I I. ». Y’a pas, la production met vraiment le produit à son avantage ! L’aspect futuriste et glauque de « Memento Quia Pulvis » est bien arrangé grâce au mélange des différentes guitares. Différents univers se succèdent au fur et à mesure au sein même des morceaux. L’exemple de « Chrysalide » est le plus pertinent grâce aux alternances -voix gutturale lors des couplets- et -chants clairs lors du refrain-.

L’album arrive à contrecarer les stéréotypes du Metalcore usuel. Même si lors des premières écoutes, la musique de Unleashing The Beast peut paraître ultra-banale avec ses guitares sous accordées, ses passages mélodiques et ses alternances chants-clairs et gutturaux à tout bout de champ dans des titres comme « Laisser Parler La Colère » ou même « Mensonges Pour Promesses », cette étrange impression de n’avoir à faire qu’à des morceaux qui se ressemblent tous est vite balayée. Seul remède pour lutter contre ces préjugés: plusieurs écoutes attentives de Jusqu’aux Dernières heures. L'album peut s’avérer fin, construit et très fluide. Ce qui facilite son appréhension. Rien n’est laissé au hasard, même « Die Luminis » dont le but est de séparer l’album en deux parties distinctes. 

Les morceaux, dans la plupart du temps relativement courts, s’enchainent de manière très progressive et ne forment ainsi plus qu’un. « Ce Qui Me Dévore » et « Habilles Le Silence De Tes Cris » se succèdent sans que ses auditeurs s’en rendent compte. Mais d’autres titres se distinguent de ce fleuve. Les riffs ultra mélodiques de « Sous Ce Ciel De Feu Et D’Acier » peut surprendre l’auditeur. Ce dernier sera même pris la main dans le sac en train de tapoter sur sa table les lignes harmoniques des guitares de Benjamin. Peut-être le gros moment de l’album !

Néanmoins, l’auditeur ne peut qu’être sceptique face à la production, par moment, trop léchée de Jusqu’aux dernières heures. Il faut dire que nombreuses pistes ont été rajoutées pour un rendu audio plus qu’agréable. Des ajouts que le groupe devra faire oublier sur scène s'il veut marquer les esprits lors d'une éventuelle conquête des festivals.

Néanmoins, avec ce produit 100% Français, Arnaud Montdebourg (ex-ministre de l'économie) aurait été fier de Unleashing The Beast, une formation bien de chez nous avec un chanteur qui chante en Français pour ses auditeurs Français et, on l’espère, prochainement étrangers. 

Remerciements: M & O Music et M & O Office