Void Paradigm - Earth

Le cadet de Void Paradigm est arrivé ! Après un premier opus éponyme en 2012 sous le label israélien « Totalrust Music », les rouennais signent chez « Apathia Records » (Orakle, Pryapisme) et reviennent ce 11 mai 2015 avec leur nouveau bébé : Earth’s Disease. Pour ce Side project, les membres d’Ataraxie (Jonathan Théry et Julien Payan) ainsi que le batteur de Pin Up Went Down nous apportent une production de quarante minutes pour seulement cinq titres, les rendant de fait relativement longs. Ce format et son contenu s’avèrent-ils gagnants ?

À l’instar de celui de leur premier album, l’artwork de Earth’s Disease est très sobre : le logo du groupe gris sur fond noir, réalisé par Julien Payan qui s’avère n’être autre que le guitariste et bassiste du groupe.

L’album commence avec le titre « Crushing The Human Skull » sur un son électronique rappelant le metal industriel, chose jusqu’à présent inédite chez ce groupe, se targuant de jouer de « l’hypnotic dodecatonic black metal ». En effet, l’écoute de leur premier album nous a révélé un univers sombre aux notes entêtantes, avec beaucoup d’ « à plat » de riffs longs et dissonants. Nous aurions donc tendance à les affilier au black metal atmosphérique, mais cette dénomination devait sonner bien trop simpliste pour le trio !

Ce premier titre est celui se rapprochant le plus du style de leur premier album. Sur « Revenge », un morceau incisif et énergique, le groupe flirte avec le death technique, comme il le fera à plusieurs reprises le long de cet album où ses riffs efficaces et corrosifs semblent avoir pris le pas sur les ténèbres du black metal.

Sur « Earth’s Disease », qui a donné son nom à l’album, on est bercé par une introduction très calme mais inquiétante avec encore une fois des éléments électroniques. S’ensuit soudain une explosion à environ une minute vingt qui risque de faire sursauter l’auditeur non aguerri. Aux deux tiers du titre, la guitare et le chant saturé cèdent leur place à une surprenante et longue outro uniquement au violon, pour un effet macabre garanti.

Le morceau « Sick Life Fading » retourne aux sources avec une ambiance black metal comme on les aime, à grands renforts de riffs mineurs lancinants et de hurlements inquiétants.

L’album se termine avec « From The Earth To The Sky », morceau épique de plus de onze minutes pouvant être comparé à un bouquet final : tantôt mélancolique, tantôt d’une agressivité extrême, il est le titre idéal pour clore un album aussi hétéroclite que celui-ci.

Il est amusant de noter que les titres des chansons peuvent former une suite logique avec gradation : dans un premier temps « Crushing The Human Skull », ou l’on peut imaginer un homme broyé, puis « Revenge » : l’homme se relève et cherche sa vengeance. « Earth’s Disease » peut évoquer une épidémie générale qui fait s’éteindre beaucoup de vies, d’où le titre suivant : « Sick Life Fading », et finalement la conclusion avec l’âme s’élevant au ciel : « From The Earth To The Sky ».

En conclusion, ce deuxième album pourrait être une transition entre les premiers sons du groupe et une future réorientation plus death technique ou mélodique. On sent un véritable dynamisme derrière cette production, et la volonté du trio d’innover et d’évoluer afin de ne pas tomber dans le déjà vu. Malgré sa durée assez courte, cet album est une réussite, avec par moments des sons évoquant Gojira, et nous permet d’avancer sans prendre de risque que Void Paradigm est un projet prometteur dont la carrière nous réserve probablement beaucoup d’autres surprises.