Volker - Interview

 

Un premier EP éponyme en guise de hors d'oeuvre avant un premier album attendu pour la fin d'année chez Kaotoxin (6:33, Mercyless, The Erkonauts). Des premiers concerts dans le cadre "off" du Hellfest (Kult, Warm Up) et une tournée en décembre avec Moonspell et Der Weg Einer Freiheit. L'histoire de Volker commence sous les meilleurs hospices. Projet de trois Otargos et de l'ex-chanteuse de Noein, le quatuor donne un dark rock metal immédiat et lourd qui risque bien de faire des ravages. Il était donc impensable de passer à côté d'un entretien avec les 3/4 des membres. Pas toujours les plus loquaces ceux-ci se sont montrés tout à fait charmants malgré leur musique de vampire dévoreur d'âmes. Un bon souvenir pour votre serviteur qui a raté le concert d'Otargos le lendemain matin.


Pouvez vous revenir brièvement sur la formation du groupe ?
Ulrich : C'est arrivé comme cela. Nous discutions avec Manu (basse, Lifestream, Demented) de faire un projet différent de ce que nous faisions habituellement. Plus rock et après moults discussions nous nous sommes mis à bosser. Jenny a fait un ou deux morceaux avec nous et cela a complètement fonctionné. Le groupe s'est vraiment lancé avec l'arrivée de Jenny.
Le projet a un aspect très familial.
Jenny: Nous nous apprécions tous depuis des années.
Ulrich: En toute honnêteté au début nous voulions éviter cela. Nous pensions que les gens allaient se dire: "ce sont les mêmes mecs que dans Otargos". Au final nous nous sommes rendu compte que les liens que nous avions déjà rendaient la chose beaucoup plus simple.
La voix de Jen est très versatile tout comme votre musique. Pour autant tu as avoué, Ulrich, vouloir limiter l'extrême dans votre musique. Le rendu final est pourtant très metal.
Au départ je ne voulais pas qu'il y ait d'influences black.
Jen: Mais tu n'as pas le choix (sourire). Lorsque tu joues cela sonne black (rire).
Ulrich: (petit rire) Je ne dois pas avoir le choix en effet. La teinte est arrivée sans préméditation. En terme de chant Jenny fait ce qu'elle veut et je dirais qu'il y a un tiers de chant saturé, le reste étant plus chanté.
Je m'adresse encore à toi car tu dis avoir quitté Regarde Les Hommes Tomber car tu ne te retrouvais pas dans leur direction plus black. Otargos s'ouvre de plus en plus à d'autres styles, tu n'en aurais pas marre du black finalement ?
Si mais je l'ai déjà dit (rires). J'ai envie de faire autre chose musicalement, je ne le cache pas. RLHT voulait faire quelque chose de plus black et cela ne m'intéressait pas du tout. Ils ont continué dans cette voie et tant mieux. Dans Otargos comme tu le dis le groupe s'est tourné plus vers le death, après dix, quinze ans dans le black j'ai envie de faire autre chose. Je n'ai plus l'attrait que j'avais au style.
Vous avez donné vos premiers concerts pour les Warm-Up du Hellfest. Comment le projet a-t-il été reçu par le public ?
Jen: C'était très bien. Apparemment cela a bien plu, il y avait une super ambiance. Nous avions donné notre toute première date au Hellfest Kult l'an dernier et l'accueil avait été excellent aussi. Nous avons aussi joué à Tours et du côté de Reims (ndlr: au Castle Metal Fest) et les gens ont eu l'air d'apprécier également.
L'EP a été très bien reçu lui aussi. Est-ce que les trois titres qui le composent se retrouveront sur l'album en fin d'année ?
Ulrich: Il devrait sortir plutôt en janvier.
Jen: Fin décembre, début janvier (sourire).
Ulrich: Il n'y a pas de date définie. Sachant que le studio va se terminer début septembre, le temps du mix, du pressage et de la promo... Il y a plus de chances qu'il arrive en janvier. Nous avons déjà commencé à enregistrer la basse et les guitares. Nous attaquerons la batterie en revenant du Hellfest et Jenny commencera à bosser au mois d'août.
Jen: Pour répondre à ta question l'album ne contiendra aucun titre de l'EP.
Vous avez déjà une superbe opportunité de promouvoir ce disque car vous allez tourner avec Moonspell en décembre. Comment cette tournée s'est-elle goupillée ?
En fait c'est Kaotoxin qui nous a mis en contact avec K Prod.
Ulrich: C'est K Prod qui a contacté le label pour nous faire jouer. Ils sont sûrement tombés sur le groupe en voyant une pub pour l'EP. Le label a fait le lien et K Prod nous a simplement dit qu'ils adoraient le projet et qu'ils voulaient nous bosser. Il nous a proposé Moonspell et c'est une superbe opportunité. Ce ne sera pas la première et ce ne sera pas la dernière.
Jen: En tout cas nous l'espèrons !
Ulrich: Nous ne nous attendions pas à quelque chose de ce genre aussi vite. Quelque part cela met la pression mais cela fait plaisir. Le projet intéresse déjà visiblement.
Je pense que l'affiche va bien marcher car sans être gothique votre musique est très sombre et diffuse des vibrations communes au genre.
Jen: C'est pour cela que c'est une bonne opportunité de présenter l'album. En plus c'est un groupe que j'adore.
Vous êtes prêts pour le show de demain ?
Manu: Carrément ! Cela devrait le faire. (rire) Il n'y a pas de raisons.
Vous n'êtes pas venus au Hellfest depuis 2010 quel souvenir gardez-vous de ce concert ?
Ulrich: (rire) Ca passe tellement vite ! C'était bien. Pour être honnête j'ai plus de souvenirs de l'avant et de l'après que du show lui-même. Lorsque je suis sur scène je déconnecte, je suis totalement dans la musique. Je ressors d'une date et je ne sais plus trop ce qu'il s'est passé. Des flashs du concert je n'en ai pas vraiment. Je me souviens que c'était chouette mais... heureusement il ne s'est rien passé de dramatique pour que je m'en souvienne (rire). J'espère que ce sera le cas cette fois encore mais il n'y a pas de raisons.
Tu vis toujours cet abandon total à ta musique sur scène ?
Je garde très peu de souvenir précis de nos concerts. Il doit y avoir quelque chose qui se déconnecte je pense.
Jen: C'est une machine (sourire).
Ulrich: Sur le moment je suis à fond dedans mais une fois sorti j'ai beaucoup de mal à me remémorrer ce qui s'est passé. Sauf s'il s'est passé un truc particulier ou dramatique. J'ai plus des souvenirs de ce qui se passe avant ou après.
Tu parles beaucoup de drame je trouve. Vous avez vécu des dates dramatiques récemment ?
(rire) Des choses entre nous ! Mais nous retenons plus les mecs qui font des conneries... (il marque une pause) Nous retenons surtout les trucs merdiques en fait ! (rire général) Il est plus facile de répondre à la question "quel est ton pire concert ?" qu'à la question "quel est ton meilleur concert ?". (rire)
Revenons à l'EP. Est-ce que vous pensez que les titres qui le composent représentent bien l'ambiance de l'album ?
Jen: Les titres ont justement été choisis pour montrer un maximum de Volker.
Est-ce que cet album a déjà un nom ?
Manu: Non (rire).
Jen: Nous nous posions la question il y a encore quelques minutes. "Comment allons nous appeler cet album ?" (rire) Nous nous sommes enfin posés la question aujourd'hui.
Si il se passe des choses ce week end, dramatiques ou non...
Ulrich: Arrête, déconne pas ! (rire)
Manu: Nous trouverons peut-être le titre du suivant ! Nous avons deux mois tranquilles pour y penser.
Ulrich: Nous avons déjà l'artwork, nous avons...
Jen: (le coupant) Nous avons tout sauf le titre ! (rire)
Même pas un hommage aux films d'horreur, toi qui a l'air assez fan ?
Non même pas ! (rire)
Ulrich: J'étais au téléphone ce matin ou peut-être hier et je me disais qu'il était grand temps d'y réfléchir.
Manu: Nous allons l'appeler "2". (sourire)
Etant donné l'aspect plus rock, chaque chanson raconte une histoire différente. Peut-être que vous n'avez tout simplement pas encore une vision globale de ce que l'album exprime ?
Ulrich: C'est un peu nouveau pour nous c'est vrai. Cependant tous les morceaux sont dans la même veine. Nous ne nous dispersons pas. Si tu as écouté l'EP tu vois complètement ce que nous développons. Les textes sont toujours dans le même registre, le même décor. Ce truc un peu horrifique, zombie, possession, voodoo. En regardant tout l'ensemble nous finirons par trouver. Cela sera peut-être un titre d'un des morceaux.


La méthode Mötörhead. (sourire)
Manu: Cela marche toujours. C'est hyper efficace.
Je sais que vous avez du monde à voir, je ne vais donc pas vous embêter plus longtemps. Un dernier mot ?
Nous allons aller voir Rammstein forcément. Le feu ! Si ils ont un drame cela peut être marrant. (rire) Plus que si cela nous arrive en tout cas. Après sincèrement je n'ai pas vraiment regardé l'affiche cette année. Je pense que je vais aller à la découverte de pleins de choses. Je vais voir des trucs cools et d'autres merdiques. Enfin des trucs qui ne me plairont pas ! (sourire)
Il ne faut pas dire merdique.
En même temps c'est le Hellfest. Il y a rarement des groupes vraiment nazes qui sont programmés.
Ulrich: Cette année je suis vraiment plus venu pour promouvoir mes groupes que pour profiter du festival. Je recommence demain avec Otargos et je serai parfaitement incapable de te citer dix groupes qui jouent ce week end. En dehors des têtes d'affiche. De toute manière je suis dans un box jusqu'à dix-huit heure aujourd'hui et sûrement pareil demain. Il n'y a que dimanche où je serai plus "festivalier" mais je suis un peu autiste dans le moment.
Comme pour la scène, la dissociation opère. (sourire)
C'est cela ! Je remettrai les choses en ordre mardi et je me rendrai compte de ce que j'ai raté ! (rire)
Jen: Nous sommes super contents d'être là pour nous faire connaître. Nous allons essayer de profiter un maximum et j'espère que les gars vont bien profiter demain sur scène. Je te souhaite aussi un bon festival !

Line-up:
Ulrich (guitare)
Jen (chant)
Manu (basse)
John A (batterie)
Discographie:
Volker (EP-2016)
1er Album (à paraître en décembre/janvier prochain)