Volker - Volker

Composé de trois membres d'Otargos et l'ex chanteuse des cyber métalleux de Noein, Volker mixe propose une mixture de rock/metal sombre. Formé seulement l'an dernier, cet EP n'est qu'un "trailer" pour un premier album qui devrait sortir l'année prochaine sur Kaotoxin Records (CinC, Mercyless, 6:33...).

Line-up :

Jen Nyx (chant)

Ulrich Wegrich Dagoth (guitare)

Manu Pliszke (basse)

John A (batterie)

Depuis la sortie de Xeno Kaos Ulrich Wegrich Dagoth , leader d'Otargos, n'a de cesse de parler de son nouveau projet plus rock: Volker. Et voici donc la carte de visite que le quartet a décidé de présenter à la face du monde. Un EP quatre titres dont une intro ("375-405") qui devront faire patienter jusqu'au premier essai de la bande.

Si "Bitch" conserve une touche black metal autant dans le jeu que dans le son, le propos est à des lieux du black death d'Otargos. Les quatre veulent ici se faire plaisir sur un rock fortement metal certes mais dont le but est bien de faire danser et chanter les dépressifs, satanistes, égorgeurs de bébés (vous savez ces jeunes aux cheveux longs qui portent des bracelets cloutés).

Volker se place totalement dans la vague des Grave Pleasures/Beastmilk en bien plus rentre dedans et metal cependant. A tel point que les plus machistes ou les plus assoiffés de sang auront bien du mal à reprocher au groupe de manquer de puissance. Il suffit de voir les plans de John sur « Bitch », à base de roulements proches du thrash, pour se rappeler d’où viennent les musiciens malgré ce nouveau projet plus mélodique. De fait les refrains sont ultra efficaces et ont recours à des choeurs massifs qui seront assurément restitués avec conviction par Dagoth et Manu sur les planches. On croit bien reconnaître la voix du premier sur « Zombie Heart » mais les grandes compétences de Jen Nyx au chant peuvent nous flouer. La jeune femme est d’ailleurs la grande gagnante de l’EP. Variée et convaincante, sa prestation souffle et passe de la douceur à la violence en un instant sans perdre une once de crédibilité. La comparaison n’est pas forcément des plus plaisantes (même si il y a bien pire) mais son intonation sur le refrain de « Zombie Heart » rappelle quelque peu Amy Lee (Evanescence). L’une des vraies influences de Volker c’est évidemment Sentenced, impossible de ne pas penser aux défunts finlandais sur le funeste « Pavor Nocturnus ». Sûrement la plus belle réussite de l’EP, bien qu’il soit difficile de mettre un titre plus en avant que les autres tant ils sont tous réussis. L’une des forces du groupe est de ne rien s’interdire. Les morceaux en deviennent par conséquent surprenants et intelligents ; créant la bande son décadente, sous influence d’une rave party metal. Une soirée que vous n’oublierez pas de sitôt et comme dirait mamy « au goût de reviens y ».

Ce premier essai étant limité à 500 exemplaires il faudra vous décider rapidement si vous souhaitez le posséder.

Volker arrive à un moment où il y a très clairement un regain d’intérêt pour le genre goth/cold rock, bien qu’il soit peu probable que le but du quartet soit de surfer sur une quelconque vague. Et peu importe il le fait bien ! A voir l’année prochaine sur un full length mais cet EP se laisse écouter tout seul, amas froid et glauque d’un rock metal à la fois entraînant et plombant. Une vraie réussite qui a de quoi créer une attente pour les fans du genre, d’ici là le groupe aura fait ses preuves sur scène mais le rendez-vous est pris !