Warbringer - Woe To The Vanquished

Bombardant depuis 2008 et son premier album War Without End les terres du Thrash Metal, les américains de Warbringer ne cessent de tenir fièrement à bout de bras une scène Revival Thrash qui continue encore et toujours à évoluer et rendre hommage à leurs grands aînés des années 80. Après un sans-faute jusque là, la formation sort son cinquième album Woe To The Vanquished. Envie d'une tornade de riffs dans la face ? Vous êtes au bon endroit !

Line-Up :

John Kevill - Vocals

Carlos Cruz - Drums

Adam Carroll - Guitar

Chase Becker - Guitar

Jessie Sanchez - Bass

Chers fans du groupe, pas de panique ! Warbringer, toujours fidèle à lui-même, est bel et bien prêt à vous en mettre plein les oreilles sur ce nouvel album ! En veut pour preuve ce début en trombe sur "Silhouettes", les guitares déboulant progressivement jusqu'à ce début de riff et ce cri plus que jouissif sorti par le chanteur John Kevill. Ça y est, c'est parti ! La machine de guerre est désormais en marche, les guitares thrashy à souhait emportant tout sur leur passage, suivies par une batterie totalement déchaînée et une basse qui laisse entendre pour notre plus grand plaisir ses vrombissements. Le déferlement de rage ne cessera qu'à la fin du morceau, ce dernier balayant tout sur son passage. Warbringer a de plus cette capacité à installer entre ses passages les plus violents des instants plus lourds, comme sur le pont, qui fait alors la part belle à une basse et une guitare réglées au millimètre près. La sixième corde est mise à rude épreuve et notre envie d'headbanguer est plus que présente.

Une production qui pète, une voix haineuse absolument magique, des riffs qui envoient le pâté, une basse très bien mise en avant, une batterie qui fait le boulot... Que de très bonnes impressions après ce premier titre, d'autant plus le deuxième morceau, éponyme, jouera sur le même tableau, enchaînant les uns après les autres des rythmiques totalement folles, jusqu'à ce que l'intensité des instrus ne diminue sur la fin, mais sans que cela n'essouffle le morceau. "Shellfire", de son côté, balançera ses riffs impitoyables sous d'excellents rugissements du chanteur. FIRE ! FIRE ! FIRE ! SHELLFIIIIRE ! Un John Kevill possédé par ses propres hurlements, rendant la composition encore plus vivante qu'elle ne l'était déjà au début. Et que penser de "Descending Blade", proposant une nouvelle fois du bon vieux riff très inspiré et allant à 200 à l'heure, une double pédale infernale et un solo encore de très bonne qualité.

Cependant, et il faut dire que je ne m'y attendais pas forcément, un changement d'ambiance va s'opérer à partir de la 6ème chanson. Une voix plus écorchée, des arpèges aériens, des claviers... ? "Spectral Asylum" va carrément aller lorgner du côté du Black Metal, avec ses instruments froids comme la glace, nous emportant dans un monde glacial, sombre et loin des atmosphères chaudes et arrosées à la bière dont nous avait habitués le groupe. On commence alors à plonger dans les abysses, et le plongeon sera encore plus vrai sur "Divinity Of Flesh", aux pickings hivernaux et presque empreints d'une touche de Black Melodique. Warbringer finira de nous surprendre avec un dernier titre de près de 11 minutes, très ambiant, très noir et très lent dans sa rythmique. Même si nous n'aurions pas vraiment vu le groupe sur ce type d'ambiance, il faut admettre que les américains s'en sortent très bien, arrivant à nous immergeant dans leur "nouvel" univers. De la même façon que les claviers et les guitares nous avaient envoûté respectivement sur "Spectral Asylum" et "Divinity Of Flesh", la magie opèrera facilement sur "When The Guns Fell Silent" grâce aux arpèges ambiantes et s'immiscant intelligemment entre les passages plus saturés. La fin du morceau résumera à elle toute seule la beauté froide dont fait preuve Warbringer.

À la surprise générale, Warbringer explore dans ce Woe To The Vanquished de nouveaux horizons, plus froids et plus noirs que leur Thrash d'habitude si festif et sentant bon le houblon. Mais les américains s'en sortent avec brio, proposant notamment trois derniers titres respirant l'originalité et la volonté de prendre des risques ! Des risques qui valaient la peine d'être pris au vu de la qualité des morceaux concernés, d'autant plus que Warbringer montre une nouvelle fois avec fermeté sa capacité à pondre des compositions 100% Thrash et bourrins comme on les aime ! Un très bel album !