Wars - We Are Islands, After All

Le quintette de post-hardcore Wars nous vient tout droit de Rugby, en Angleterre, et s'est formé en 2015. Son premier EP And So The Sea We Claim Us All a été remarqué par le adeptes du genre, ce qui lui a permis très rapidement d'enregistrer son premier album au nom énigmatique dans les contrées de l'Oncle Sam chez Spinefarm Records ( Venom, Atreyu, Children Of Bodom): We Are Islands, After All.

 

Line-up:

Rob Vicars (chant)
Sam Barnard (guitare, chant)
Lee Tysall (batterie)
Matt Burns (guitare)
Rick Benett (basse)

 Une des premières anecdotes à dénoter à la vue de cet album, c'est l'artwork superbe réalisé par l'artiste roumain Costin Chioreanu qui a déjà contribué au visuel chez d'autres groupes tels qu'At The Gate ou encore Darkthrone. Que l'on s'entende bien, on ne juge pas un opus à son enveloppe mais son approche peut être intéressante pour tenter d'entrer dans le projet du groupe comme chez les membres de Wars qui définissent la guerre dans chacun de ses aspects et qui en parviennent à la conclusion que "peu importe le coût ou la cause, peu importe qui tu es, à la fin, nous sommes tous guerres." Et c'est de ce déchirement que naît la musique explosive de Wars...

 

L'opus aux couleurs de la rage débute avec "The Art Of No Knowing" empreint d'une colère palpable tant dans les breaks que dans l'essence vocale de Vicars. Le scream écorché fait un peu songer à du Bring Me The Horizon époque There Is A Hell. Les riffs affûtés de "Snow And Skies" guident un screamo régulier que l'on apprécierait mieux s'il était teinté d'un peu plus de nuances. Le refrain aux clartés mélodiques est en exergue avec les instruments qui ne se laissent pas infuser par la douceur, mais toujours par un rythme intenable! En découvrant l'excellent "That By Discord, That Things Increase", on a affaire à une chanson qui secoue vraiment. La transition entre les cris et le chant clair est quasi-parfaite et forme les parties égales d'un tableau à l'équilibre savamment dosé, exquis dans les retranchements de sa colère les plus prononcés. Il y a de l'infini dans cette pépite, et comme c'est suggéré dans le titre, c'est des désagréments que l'espoir peut naître à nouveau. Sur "Still Waters Run Deep", le chant s'enracine de plus en plus dans la palette émotionnelle du désordre, désordre vocal qui cherche à atteindre le plafond de ses teintes, avec des paroles comme frappées et crachées par les instruments. A l'échelle du post-hardcore tout de même (et nécessairement pas des plus violents qui puisse exister), mais il faut saisir certaines subtilités que le groupe nous permet de saisir.

 

"Sciamachy Scenes" se dépareille un peu du reste de l'album grâce à un rythme plus lent et lancinant qui installe son scream sur des notes prolongées. Les anglais abandonnent la saccade pour un temps sans que le morceau ne constitue pour autant une respiration en raison de la pesanteur palpable tout du long avec un scream plus intense. "Soul Sick" ainsi que "Hills And Boulders" sont des pistes similaires où les breakdowns tenaces se feront légion pour les lives mais où le chant est répétitif et s'effrène. La structure musicale de "Salt Flat Sailing" rappellent un peu Architects pour leur schéma digressif, sans égaler les maîtres pour autant. Un peu de changement est à remarquer sur "Hailing Distance" qui débute par le chant clair. Cette variation en apparence anodine laisse le temps au morceau de se préparer pour surprendre l'auditeur par une énergie progressive, libératrice, et même lumineuse ici. La voix claire tourne en boucle comme une obsession, et les riffs sont moins tertreux qu'à l'accoutumée. Enfin, "Charcoal Days" se déroule en une ballade plutôt hypnotique, il n'y a point de cris ici, et on apprécie le souffle apporté par ce dernier track pour apprêter le tumulte. Ceci dit le flux des instruments monte en pression pour illustrer une ténébreuse chaleur. De cette piste qui affiche 13 minutes au compteur, la chanson n'en possède en réalité que 3, mais bonus pour les curieux, si vous avez la patience d'attendre la onzième minute, vous pourrez découvrir un chant apparent au spoken word accompagné par les instruments clôturés par une phrase que l"on entend encore "we are islands, after all."

 

We Are Islands, After All permet sans conteste à Wars de faire ses preuves sur la scène post-hardcore anglaise. Malgré quelques faiblesses insérées ici et là dans un ensemble un peu trop homogène, la rage et la conviction du groupe l'emportent sur ses pâleurs et nous n'émettons nul doute quand au succès contagieux du tempo de leur production en live.