We All Die (Laughing) - Thoughtscanning

Nous mourrons tous (de rire). Joyeux programme n'est ce pas ? C'est celui que nous propose le duo formé par Arno Strobl (Carnival In Coal, 6 :33) et Déhà (C.O.A.G, Maladie, Yhdarl). D'un côté un français adepte de la fantaisie, de la folie musicale, un déjanté de première et de l'autre un bulgare qui aspire au black metal, au grind et à la morosité. Intéressant non ?

Bien plus de questions viennent à l'esprit en ce qui concerne We All Die (Laughing) et il va falloir essayer d'en éclaircir la plupart à travers cette chronique.

Line-up :
Arno Strobl (chant)
Déhà (chant, guitare, basse, programmation)

Rassurez vous Thoughtscanning n'est pas un single, malgré son unique titre sa durée s'approche plus de l'EP qu'autre chose. Car Thoughtscan est une pièce de bravoure longue de plus de trente minutes. Trente minutes au cours desquelles on passe d'un metal dépressif sur lequel la voix grave d'Arno, toujours aussi jouissive, sublime les arpèges de Déhà ; avant de passer à un black/post metal toujours aussi sombre sur lequel les cris habités du bulgare donnent la chair de poule.

Les ambiances varient, bien heureusement, beaucoup tant et si bien que certaines transitions donnent l'impression d'avoir à faire à un morceau découpé en plusieurs parties. A vous de tester le « scan des pensées » pour savoir laquelle vous plaît le plus. Si vous êtes fans de folk ou de pagan, de tous ces joyeux drilles qui chantent bourrés, à poil dans la forêt ; Thouthscanning n'est pas pour vous. Car on tient là une vraie ode à l'éveil de l'esprit, un constat froid et sans appel. Illustré au milieu de Thoughtscan par un sample d'un film français (s'il vous plaît) qui semble vouloir amener l'auditeur à se poser des questions (navré mais je n'ai pas su identifié de quel film il s'agissait).

Si la plupart du temps le chant « clair » est réservé à Arno, il arrive qu'il ait recours à sa grosse voix death tout comme Déhà assure quelques parties d'un chant extrêmement plaintif à côté de ses cris entre le black et le grind. Et bien que le disque ait une base simple reposant sur un instrumentiste et un chanteur, on trouve des idées en terme d'arrangement qui dépasse le cadre du black/death/dark metal sans concession du duo.

On peut entendre ainsi un saxophone (qui rappelle du coup les aventures d'Arno avec Carnival In Coal ou bien même 6:33) mais aussi des parties de piano et de claviers qui enrichissent le spectre musical sans le dénaturer. Le titre commence et se termine de la même manière après des choeurs grandiloquents absolument superbes et avant un blast beat sur fond de claviers genre fin du monde, pour donner une unité bienvenue qui n'est certainement pas amenée par la musique qui transmet une idée, des émotions et si les styles qui le composent sont identifiables WAD(L) s'affranchit de ceux ci.

Enfin le son de l'album colle parfaitement au propos, pas moderne mais clair et précis. On le doit à Mobo (Gorod, Otargos, Malemort...) qui s'est chargé du mix tandis que le l'album a été enregistré dans le studio de Déhà.

 

En définitive, We All Die (Laughing) n'est pas à mettre entre toutes les oreilles mais la force évocatrice du propos et les qualités indéniables du titre qui compose ce premier jet en font un must pour tous ceux qui se sentent proche de la vibe sombre, décadente et dépressive d'un Shining. A noter que le premier pressage de l'opus comprendra une reprise du Back To Black de la défunte Amy Winehouse. Autant dire que je suis impatient d'écouter ce que ces deux déglingos en ont fait.

Et vous ? Êtes vous prêt à mourir de rire ?