We Came As Romans - We Came As Romans

 

We Came As Romans sort son troisième album studio au titre éponyme sous le label Spinefarm Records (Atreyu, Anti-Flag, Turbowolf). Le sextette originaire de Detroit s'engage dans la mouvance de revival nu-metal tendance en ce moment au prix d'un manque d'originalité et de sincérité.

Line-up:

Dave Stephens (Chant)

Kyle Pavone (Chant)

Joshua Moore (Guitare)

Lou Cotton (Guitare)

Andy Glass (Basse)

Eric Choi (Batterie)

 

Si les deux premiers albums du groupe Understanding What We've Grown To Be en 2011 ainsi son successeur Tracing Back Roots en 2013 avaient accueilli un certain succès auprès de la critique et des fans, We Came As Romans est quant à lui tanguant, oscillant entre pop-rock fm et un metalcore guimauve sous beats technoides.

"Regenerate" est un des seuls morceaux qui peut prêtendre à l'affilation metalcore au sein de l'album. Les breakdowns sont entraînants et Dave Stephens growle bien, cependant, si l'on enlève sa voix, We Came As Romans n'a plus rien de la mouvance metal. "Who Will Pray ", "Memories" ainsi que "The World I Used To Know" se noient dans un paysage musical dont la recette plaît beaucoup aux Etats-Unis: un pop-rock pop-punk avec juste ce qu'il faut d'un aspect gentiment rebelle pour passer à la radio. Cela ressemble à du Boys Like Girls voire à du Simple Plan, mais avec moins de verve et de convictions. Sur "Tear It Down", l'influence de Korn ou Coal Chamber se ressent en raison de l'afluence massive de la basse et d'un chant scandé qui s'apparenterait presque à la mesure hip-hop nécessaire, mais seulement presque.

"Blur" nous fait espérer à un peu plus de metalcore dès son intro, ses powerchords résonnants et ses fûts tremblants, mais ce sont toujours les "whoah" et les refrains à la voix de Kyle Pavone que l'on entend retouchée sur de nombreux morceaux qui triomphent. Le rythme catchy de "Savior Of The Week" est certes entraînant, mais tellement sucré et adolescent, que le succès n'est pas au rendez-vous. Des chansons telles que "Hope" (sur l'album Tracing Back Roots) maîtrisaient mieux ce tournant et étaient réellement efficaces, c'est dommage que le groupe n'ait pas continué sur cette lignée, car l'incertitude quant au choix des directions des tracks se ressent sur une bonne partie de We Came As Romans. Le très inspiré de Linkin Park "Defiance" témoigne d'une plus grande puissance que les autres pistes, et souligne un morceau qui fera heabanger la foule en live, mais sans plus. Pour clotûrer l'album, le planant "1230" rejoint "Regenerate" et les We Cames As Romans que l'on avait apprécié à leur débuts refont surface, mais au prix de seulement deux chansons sur un album qui en compte dix, c'est un peu faible.

En somme, We Came As Romans se repose sur des acquis commerciaux un peu trop fades. Si quelques hits parades repris pour Punk Goes Pop tels que "I Know You Were Trouble" ou "Glad You Came" leur avaient réussi, on ne peut s'empêcher de regretter les mélodies plus fouillées produites à leur début. We Came As Romans n'est pas un groupe dénué de talent, seulement le choix de carrière qu'ils ont élu depuis quelques années engendre une critique amère.