Weeping Birth - The Crushed Harmony

Derrière Weeping Birth, mais aussi MIrrorthrone et Unholy Alliance il y a un homme : Vladimir Cochet. Cet infatigable multi-instrumentiste s’en accommode de façon remarquable. Et voici qu’il signe son retour avec The Crushed Harmony qui est déjà le troisième LP qu’il sort sous Weeping Birth chez Apathia Records.

Sept longues années après Anosognosic Industry Of The I et le bonhomme n’est pas être prêt à cesser de cracher sa haine de l’humanité. Cela se reflète dès l’artwork avec une tête de femme prolongée par un groin de sanglier qui semblerait vouloir dire que derrière la beauté apparente de l’humain, la saleté et la crasse ne sont jamais loin. Toujours est-il que la musique de Weeping Birth nous est présentée comme un mélange subtil entre l’agressivité du Death et la sombre atmosphère du Black Metal. Seulement voilà, il y a quelque chose qui ne colle pas et cela vient assurément de la production de cet album. Certes, elle est plus aboutie que dans le précédent opus, et cela se remarque entre autres sur les parties de batterie qui ont gagné manifestement en organicité. L’ensemble se montre cependant trop « propre » et n’arrive pas à ressortir l’atmosphère blackeuse qui aurait donné plus de profondeur à cette œuvre. Au niveau des compositions, on a du mal à reprocher à Vladimir Cochet de manquer d’imaginations, des riffs plutôt inspirés et entrainants. Un titre comme « Ressurection Of Resentment » est carrément jouissif avec des mélodies entrainantes qui ne vous laisseront pas insensibles. Il y a une chose qui est géniale chez Weeping Birth, c’est qu’on manie bien musicalement les parties agressives et les parties planantes, cela se remarque surtout sur des titres comme « Atonality » et « Meant To Be Wrecked ». Avec The Crushed Harmony, on ne tombera certainement pas dans l’ennui puisque de temps en temps, nos oreilles sont sollicitées agréablement avec des rythmes syncopés, toujours accompagnés par des mélodies suaves comme sur le titre « Hatefilled ». Le tout ne manquant jamais d’agressivité. Musicalement, il n’y a pas de titres à jeter dans cet album sauf peut-être «Life In A Blood Spasm » qui semble manquer un brin de liant avec les autres titres. Mais comme je l’ai dit plus haut, la production de The Crushed Harmony, sans être mauvaise est peut-être aussi sa faiblesse. On comprend intuitivement à quelle dimension Vladimir Cochet voulait amener cette œuvre et on ne doute pas de ses capacités à y parvenir. Il faut cependant attendre le dernier titre éponyme de l’opus pour qu’on ressente véritablement que Weeping Birth se rapproche de l’idéal qu’il veut atteindre. C’est assez subtil ce que je vais dire mais on a l’impression que Weeping Birth avec cet album se retrouve entre une production très lisse qui le fait se rapprocher d’un Fallujah et tout l’univers policé qui l’entoure et une atmosphère plus chaotique et crasseuse d’un Behemoth par exemple mais dont la synthèse est confuse.

Ne vous y méprenez pas parce que The Crushed Harmony n’est pas une œuvre bâclée ni un sous-produit à jeter, c’est juste qu’on a du mal à le situer tant la production est à la limite du surhumain. Ce n’est pas qu’il faut lui attribuer un style quelconque pour qu’on y adhère mais plutôt parce qu’il se retrouve le cul entre deux chaises et je pense qu’il faut balayer tous les a priori pour l’apprécier pleinement. Cela dit, si vous êtes friands de mélodies entrainantes et technicité en tous genres, vous y trouverez votre compte.