Wevern - Child Of Waste - Promethean - Gohrgone - Lutèce - Le Gibus Live - Paris

En cette soirée du 4 mars, du lourd nous attendait au Gibus Live ! Hors de question de se reposer de la semaine tranquillement chez soi au chaud ! Avec une telle programmation, le Death Metal 100% français était notamment à l'honneur avec pas moins de cinq groupes sur le papier. Et une chose était sûre : la soirée s'annonçait éreintante et musclée sous les coups de Wevern, Child Of Waste, Promethean, Gohrgone et Lutèce. Reporting.

L'avantage du samedi pour les concerts, c'est bien le fait de pouvoir venir en avance discuter avec les copains, se prendre une petite mousse et bien rigoler avant que l'énergie des concerts ne nous rattrape ! Arrivant donc assez tôt, je m'aperçus rapidement qu'il y allait avoir foule ce soir, le public étant déjà bien nombreux à se rassembler devant la salle. Mais cela ne peut qu'être positif, car comme le dit le bon vieux dicton, plus on est de fous, plus on rit !

Et la fosse se trouvait être assez garnie lors de l'entame du premier concert de la soirée, avec Wevern aux commandes. Dès le début, on remarque un petit bouleversement de line-up, avec Vincent Berthelot, en temps ordinaire guitariste rythmique de la formation, qui s'occupera de remplacer provisoirement Evan Recchia à la batterie, tandis que William Casasola, tout droit venu en renfort du groupe Above Us, se tiendra en lieu et place de Vincent à la gratte. Des changements qui n'auront aucune répercussion négative sur le show, le groupe ayant répété avec sérieux en amont pour compenser ces aléas. Et Wevern, pour l'avoir déjà vu plusieurs fois auparavant, aborde toujours avec concentration ses représentations.

Commencant sur les chapeaux de roues leur show avec le redoutable "Revolution Scream", Wevern rentre dans le vif du sujet ! Les musiciens, comme dit plus haut, sont concentrés et s'efforcent de bien faire. D'ailleurs, les chansons s'enchaînent, de plus en plus rugueuses au fur et à mesure de l'avancement du concert avec notamment "Endless War" et "Deranged Perversion", et les instruments sonnent bien dans cette sympathique salle qu'est le Gibus Live. On dénotera juste un son légèrement plus étouffé du côté de la guitare de William à gauche de la scène mais l'ensemble illustre bien la violence des compositions. Les solos de notre cher Walter à la guitare Lead seront réalisés avec groove !

Thibaut, au chant, accompagne très bien ses camarades de sa voix puissante, n'hésitant pas à haranguer un public qui tardera un peu à se mettre en mouvement malgré les quelques bousculades sur les premiers titres. Il faudra cependant attendre l'arrivée des nouveaux titres du groupe, soit "Where The Eagles Are Dying" et "Bitterness", pour que la foule se lâche enfin et y aille de son petit pogo. À la sortie de ce premier concert de la soirée, qui sera passé à la vitesse de la lumière tant le Death old-school et groovy des français fait plaisir à entendre, Wevern nous aura concocté un show des plus sérieux et des plus efficaces, finissant sur une sacrée belle ambiance !

Setlist :

Revolution Scream
Endless War
Deranged Perversion
Heretic
Vengeance
Where The Eagles Are Dying
Bitterness

Wevern s'étant occupé à chauffer le Gibus Live, ce fut au tour de Child Of Waste de prendre le relais. Et quel relais ! Connaissant bien le son des parisiens, ces derniers officiant dans un Deathcore des plus tapageurs, j'étais certain que la brutalité monterait d'un cran avec leur show. Entremêlant breakdowns destructeurs et accélérations techniques sur fond de blast beats, la formation ne laisse finalement aucun répit dès ses premiers titres, avec les rouleaux compresseur "Time Of Grace", "Child Of Waste" ou encore "Sculptures" et sa légère touche mélodique. La lourdeur du son et la violence de la double pédale transparaissent bien dans l'ensemble, tandis que le chanteur Omer donne vraiment tout ce qu'il a, alternant avec aisance entre le chant growlé et le chant hurlé.

Sur scène, Child Of Waste reste fermement en position, jouant avec beaucoup de maîtrise l'ensemble de ses titres. Le public sera également joueur sur les encouragements du chanteur, n'hésitant pas à bouger gentiment mais sûrement sur les accélérations du groupe. Le show se terminera sur les terribles "Harvest" et "Promises", qui finiront d'alourdir l'atmosphère de la salle avant la traditionnelle photo de groupe avec le public.

Setlist :

Time Of Grace
Hekatonkheirs
Disowned Heart
Child Of Waste
Sculptures
Murder Island
Harvest
Promises

Une atmosphère qui s'est donc assombrie, et qui compte encore plus le devenir avec les symphonies apocalyptiques de Promethean. Venu sur Paris pour faire tomber sur nous autres pauvres mortels la colère divine, la formation entend mettre de suite le public en condition avec le terrible "Niobides" et son blast beat introducteur. Le public, encore plus nombreux que sur les deux précédents shows, ne mit finalement pas longtemps à trouver la motivation pour se pogoter sur les passages les plus rapides du groupe. Si les pogos s'enchaînent à vitesse grand V dans la fosse, les ambiances, elles, se multiplient sur scène, toujours aussi impressionnantes avec les destructeurs "A Forbidden Symphony" et "Le Supplice des Aloades" ou encore le plus lourd "The Plague", tous des titres présents sur le premier EP de Promethean. Les entendre en live fut une très belle expérience, tant le groupe a la patate sur scène !

Malheureusement, le chant ou le clavier resteront légèrement en retrait par rapport à la batterie, entre autres, ce qui est dommage au vu de l'importance des symphonies dans l'univers du groupe et la puissance des vocaux du chanteur Nicolas, alternant avec brio entre growl caverneux et chant hurlé. Mais l'on oubliera vite ces légers défauts tant la formation donne envie de se bastonner dans la fosse ! Le batteur Léo frappe sans compter sur ses fûts tandis que les guitaristes Matthieu et Gaëtan ainsi que le bassiste Dino restent imperturbables, déchaînant le courroux des dieux en personne sur la foule rassemblée devant eux. Surtout que le groupe nous fera le plaisir de nous distiller deux nouveaux titres, avec "Antic Libraries" et "The Nameless Color". De quoi nous faire baver en attendant l'album ! Un show des plus sérieux et des plus tapageurs, et ce dans un climat des plus festifs !

Setlist :

Niobides
A Forbidden Symphony
The Plague
Le Supplice Des Aloades
Antic Libraries
The Nameless Color

Il reste encore deux groupes à voir et la soirée semble déjà bien entamée tant l'ambiance est à son comble dans l'espace surchauffé du Gibus Live. Il me tardait alors de découvrir l'unique groupe que je n'avais encore jamais découvert en live. Gohrgone, formation parisienne de Death Metal, comptait surfer sur l'énergie de ses compères pour lancer un concert digne de ce nom face à un public déchaîné. Profitant d'un bon son tranchant et saturé, le groupe commence alors à distiller ses titres, que dis-je, ses oeuvres de mort les unes après les autres. "The Ember Grave" était le titre parfait pour débuter, installant l'univers glauque et dérangé du groupe grâce à des rythmiques lourdes et une voix au growl caverneux. Chapeau ainsi au vocaliste de la formation, Thomas, pour faire preuve d'autant de raffinement dans ses harangues entre les titres mais aussi pour nous servir un tel growl durant l'intégralité du show. Des vocaux aussi torturés que la musique !

Gohrgone est solide sur scène, bien en place et parfaitement rodé, son meneur donnant clairement envie de les suivre dans leur désir de verser du sang ce soir. Le public répondra d'ailleurs présent sur chacun des morceaux, y allant de ses pogos autant sur les passages pesants que rapides. Une très belle ambiance encore une fois qui accompagnait les parisiens ! Je me permis d'ailleurs de rentrer deux ou trois fois dans une fosse survoltée, et même dans un circle pit que lançait le groupe à l'occasion sur un magnifique riff tiré de "Erynies Modus Operandi".

Efficacité, brutalité ! C'est ce qui pourrait le mieux résumer ce concert de Gohrgone, qui a fini par nous concocter un bon steak bien saignant sur un plateau ! Très belle découverte pour ma part, et je m'empresserais d'aller écouter leurs deux albums, dont le dernier est sorti récemment en fin d'année dernière.

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et il est désormais temps d'attaquer le dernier show de cette superbe soirée 100% française avec les blackeux de Lutèce. Toujours fidèlement accompagné de son micro harnaché de crânes, le chanteur Hesgaroth et le reste du groupe se mettent en place. Au même moment, une introduction instrumentale des plus angoissantes résonne, laissant présager du carnage qui reste à venir. Soudain, le carnyx retentit et les instruments déboulent, enchaînant pickings rapides, blast beats et voix hurlée des plus rageuses. Le ton est lancé ! On reprochera des guitares qui auraient mérité un peu plus de patate au début, mais cet aspect-là s'améliorera au fur et à mesure des morceaux.

Lutèce nous balance un son monolithique, puissant et guerrier. L'ensemble sur scène fait plaisir à voir, Hesgaroth étant toujours aussi impliqué dans son rôle et presque possédé par ses propres paroles. Le groupe n'hésite pas à bouger régulièrement sur scène, emplissant l'espace tandis que la fosse se permet les dernières folies de la soirée avec du pogo digne des batailles dépeintes par le groupe dans ses morceaux. "Melted Flesh" est tout simplement monstrueuse tant le désir de combattre son ennemi est présente dans ce titre, avec en prime ces leads qui donnent à la musique son côté épique. "Architects Of Doom" verra deux gigantesques armées se rentrer dedans sur le champ de bataille tandis que "From Glory Towards Void" fera la part belle au blast beat et à la redoutable double pédale.

Quel que soit le titre joué par Lutèce, le tout respire l'épique, la clameur des combats et le sang ! Les parisiens enchaînent les titres avec hargne et volonté, et cela se ressent agréablement ! Encore une fois, je ne pouvais que profiter à fond de leur show et prendre beaucoup de plaisir à entendre de nouveau rugir les chants guerriers de l'époque !

Setlist :

Let The Carnyx Sound Again
The Last Standing Flag
I Am The Sword
Melted Flesh
The Path Of Glory
What Lies Beyond
The Dance Of Rolling Heads
Architects Of Doom
From Glory Towards Void
Sunk Into Oblivion

Que ceux qui pensaient que la scène parisienne n'avait pas de potentiel, détrompez-vous ! Avec les cinq groupes qui sont venus retourner le Gibus Live ce samedi 4 mars, il est désormais certain qu'elle continuera à avoir de très beaux jours devant elle ! Châpeau bas à l'ensemble des formations qui nous ont fait passés une superbe soirée grâce à des concerts de qualité ! Sur scène comme dans le public, tout le monde a pris son pied et c'est ce qui importe !