Xandria - Theater Of Dimensions

Chaque album de Xandria est en général attendu de pied ferme par la communauté de fans du Metal Symphonique, le groupe possédant une solide réputation dans le style aux côtés de Sirenia, Within Temptation et autres Delain et Epica. Menée par la chanteuse Dianne Van Giersbergen, la formation enchaîne régulièrement les albums et les EPs, non sans fautes de parcours comme avec le très moyen Sacrificium. Revenus en force avec le très séduisant EP Fire & Ashes en 2015, on attendait Theater Of Dimensions avec impatience. Qu'en est-il ?

Line-Up :

Dianne Van Giersbergen - Vocals

Philip Restemeier - Guitar

Marco Heubaum - Guitars

Steven Wussow - Bass

Gerit Lamm - Drums


Dès le premier morceau, on pourra se rassurer sur le fait que Xandria maîtrise toujours aussi bien son sujet, évoluant comme un poisson dans l'eau dans un univers symphonique des plus épiques. Comme on aime l'entendre chez eux, les choeurs seront déjà présents sur l'introduction de "Where The Heart Is Home", avant que les guitares ne se fassent entendre pour lancer définitivement ce Theater Of Dimensions. Le chant de Dianne est encore une fois de grande classe sur les couplets, avec ce timbre très lyrique qui se marie parfaitement bien avec les envolées symphoniques du groupe, avant que le refrain ne déroule son implacable efficacité. Les gros riffs et la double pédale se retrouveront également sur le deuxième titre, "Death To The Holy", et viendront appuyer une mélodie folklorique des plus énergiques et que la majorité des auditeurs ne pourront s'empêcher de fredonner.

Un début d'album qui a véritablement la patate, et qui continuera avec le classique mais intense "Call Of Destiny" ainsi que le surprenant "We Are Murderers (We All)", balancant ses lourdes rythmiques et un chant Beauty And The Beast du plus bel effet. Ce qui suivra reflètera malheureusement le défaut de cet album : des titres qui s'enchaînent, proposant des mélodies et des riffs tout juste sympathiques mais pas suffisamment excitants pour réussir à nous interpeller et nous donner envie d'y regoûter. Après un bon début, on aurait aimé que des morceaux tels que "Ship Of Doom", "When The Walls Came Down (Heartache Was Born)" ou la balade "Dark Night Of The Soul" aillent encore plus loin et nous fassent rêver. Xandria fait pourtant un très bel effort dans l'emploi des guitares et de mélodies folkloriques afin de mettre en valeur ses titres mais la magie a très souvent du mal à opérer.

Le chant de Dianne nous fera heureusement apprécier la chanson "Song For Sorrow And Woe", représentant à elle seule toute l'émotion du morceau malgré des instruments plus communs. "Burn Me" aura pour lui son solo mais aussi son refrain, encore une fois efficace sans être transcendant. La fin de ce Theater Of Dimensions s'écoulera alors lentement, nous proposant toujours ce genre de titre symphonique des plus sympathiques mais qui auraient mérité d'être encore plus merveilleux dans les ambiances.

Que retenir après cette pièce de théâtre signée Xandria ? Une certaine pointe de regret, très certainement. En effet, malgré l'implication du groupe qui se perçoit agréablement et leur implacable maîtrise d'un style symphonique qui leur va comme un gant, on aurait vraiment aimé que l'album s'élève encore plus haut ! Xandria a la capacité de nous pondre des titres terriblement efficaces, on le sait, mais l'on aurait souhaité beaucoup plus de magie et beaucoup plus de mordant dans ce Theater Of Dimensions. Les allemands semblent pour le coup se reposer sur leurs lauriers, jouant simplement ce qu'ils aiment dans un genre qui est le leur et qu'ils jouent à la perfection, mais en oubliant la touche de folie qui aurait pu animer véritablement cet album. Dommage !