Les Wampas, Les Ramoneurs de Menhirs - Le Métaphone

C’est reparti de plus belle ! Le couple François Lampin/ Axl Meu s’est réconcilié après moult péripéties pleines de controverses qui ont vu le jour après le Kaotoxin’ Fest. Mais ces deux là ont mis leurs différents de côté le temps d’une soirée ! Le lieu de cette réconciliation ? Le Métaphone. Quand ? Le 23 Janvier lors du concert des Wampas et des Ramoneurs de Menhirs à Oignies...

Compte tenu du climat politique actuel et des nombreuses mesures visant à restreindre les libertés de chacun, nous comprenons pourquoi le show a fait sold-out. Les Français ont juste besoin de prendre l'air... 

Il est 20 heures et des poussières quand Loran, le père du Punk à la bretonne, investit la scène « comme si de rien n’était ». Quelques arrangements sonores et c’est parti ! Ses trois autres acolytes déboulent sur scène et Loran active sa boite à rythme. « Son Ar Gewier » réveille un peuple qui s’était assoupi au bar.

Comme il est agréable de voir comment l’alchimie entre les Punks « pure-souche » et les Ramoneurs de Menhirs prend. Quelques accords, et c’est toute une foule qui se met à danser sur les arrangements folkloriques de « ‘Vel Un Tour-Tan ». Pour ce faire, les binious et les bombardes étaient de sortie. Les fans participaient même au cortège avec leurs propres instruments « Made In Breizh ».

Et nos craintes se sont envolées… Le son est parfait et la boite à rythme s’associe bien au corps instrumental. Le concert est des plus appréciable sur « Azawad Dieub » et « If The Kids Are United ». Il faut dire que les Ramoneurs, conscients du confort de jeu dont ils bénéficient, s’en donnent à coeur-joie. Nous ne serions donc pas étonnés que la salle devienne une des références nationales en terme d’acoustique d'ici quelques années ! Le son est vraiment très propre. 

Le quatuor est en forme, et le public le lui rend bien ! Dès les premières mesures de « Son Ar Gewier », les slams s’enchaînent. Ainsi, il n'était pas rare de voir quelques fans, totalement en nage, partager les quelques restes d'une transpiration abondante sur les titres cultes du combo: « Oy ! Oy ! Oy ! » et « Ar We’enn-avalow ». Les crêteux sont fortement attachés à leurs fans et n’hésitent pas à aller à leur rencontre. Ces actes sont souvent à l’origine de nombreux mouvements de foule. Vous l’aurez donc compris, le concert est dynamique et tout le monde prend son pied ! 

En faisant part de leurs revendications anti-conformistes, il ne s’agissait pas là de malmener les fans présents dans la salle, mais de véhiculer des valeurs humanistes comme l’ « entraide », la « solidarité » et l’ « ouverture d’esprit ». En brandissant le drapeau de la Palestine, l’idée était de faire preuve de compassion et sensibiliser ses partisans en ce qui concerne la tournure dramatique que prennent les événements au Moyen-Orient. Loran s’est même exprimé à plusieurs reprises à ce sujet. Il n’est donc pas surprenant de le voir rejeter les mesures d’austérité proposées par Marine Le Pen ! Il a même tâché à remercier ces fameux « gardiens de la paix » (qui ont joué le jeu), les agents de sécurité qui, à leurs risques et périls, rattrapent un amont de Punks voltigeant jusqu’au devant de la scène. L’ultime morceau « Viva La Revolution » (The Addict) a bien synthétisé l’utopie de Loran

Bien sûr, « les fans jusqu’au boutiste » ont eu droit à leurs dix minutes d’hommage aux Béruriers Noirs. Les titres « Ibrahim » et « Vive le Feu » ont été interprétés en complément des autres reprises d’autres formations comme « Nomades » (Ze6) et « If The Kids Are United » (Sham 69). Un régal. 

Le groupe se sent comme « à la maison » et n’hésite pas à faire l’éloge de l’audience nordiste. Elle serait, semblerait-il, aussi bonne, voir bien meilleure que chez eux (!). C’est-à-dire que « la seule différence qu’il y a entre le Nord et la Bretagne, c’est la France » lance Loran. Vite, nous comprenons pourquoi de nombreux partisans étaient munis de drapeaux bretons ! 

« Salut à toi » ! Le groupe fait toujours preuve d'une honnêteté sans borne quand il s'exprime et n'oublie jamais de remercier l’ensemble de l’équipe organisatrice. Les fans sont donc ressortis ravis de cette « fausse » première partie. Fausse, oui. Car il est évident qu’un concert de 17 morceaux ne correspond pas à une « première partie » à proprement parler.

Pourquoi les Wampas rencontrent-ils toujours autant de succès sur scène ? La réponse est simple. Didier Wampas est fidèle à lui même et déverse sur ses fans un flot d’énergie qui n’est pas sans rappeler celui des Ramoneurs de Menhirs. En effet, le bougre a toujours de l’énergie à revendre. Ce qu’il fait lors de l’interprétation de ses nombreux titres à succès comme « J’ai Quitté Mon Pays », « C’est l’Amour » ou bien « Les Wampas sont la preuve que Dieu existe ».

Positif-à-bloc ! Jamais la rédaction n’avait eu l’occasion de voir un frontman aussi taré. Le porte-parole de la « jeunesse éternelle » a fracturé en mille morceaux le quatrième mur qui le séparait de ses fans… C’est-à-dire que le bougre aime aller à leur rencontre en se jetant dans la fosse avec son micro. Cela s'est produit à plusieurs reprises ! « Yeah Yeah » a permis aux fans d’extérioriser. En effet, c’était l’occasion rêvée de gueuler dans le micro de la Rock Star. L’ultime titre « For The Rock », quant à lui, a vu Didier rejoindre les fans présents sur le balcon (!) afin de serrer quelques poignes en guise de remerciement.

S’il est évident que les Wampas ont fait le choix de promouvoir leur dernier opus en incluant neuf titres de ce dernier dans la setlist: (« C’est pas moi qui suis trop vieux, votre musique c’est vraiment de la merde », « Je Voudrais », « Julie London », « Le Fest-Noz d’Halloween », « Les Lesbiennes Bavaroises », « Les Ravers de Spezet », « Marfa », « Valérie » et Victoria »), Didier n’a pas oublié de piocher dans ses autres albums afin de faire plaisir aux fans les plus endurcis. Pour ce faire, le groupe est revenu vingt-ans ans en arrière et a re-visité des titres tirés de Les Wampas vous Aiment (1988) ou bien Chauds, Sales et Humides. Vous l’aurez donc compris, la musique des Wampas touche toutes les générations. Tout le monde s’y retrouve, et ça fait plaisir à voir. 

Personne ne sort indemne d’un concert des Wampas. Pas même la fan du premier rang qui s’est évanouie à la fin du concert, ni cette fameuse représentante de la gente féminine, ornée de « Bottes Rouges », qui a été invitée sur scène pour chanter le célèbre morceau... Néanmoins, si trois autres garnements ont été amenés à inaugurer le titre « Ce Soir c’est Noël », c’est « Petite Fille » précédé de « Où sont les Femmes » (Patrick Juvet) qui a remporté la palme de la plus belle orgie féminine invitée sur scène ! J’en connais un qui a dû se régaler ! 

Maintenant, quand on me parlera des Wampas, ce seront les termes « tolérance » et « intégrité » qui me viendront à l’esprit. En effet, malgré leurs différences, les Wampas n’ont pas hésité à faire venir sur scène les Ramoneurs de Menhirs afin d'échanger sur les enjeux de la Liberté ! Eh oui, « La Jeunesse Emmerde le Front National », et ce n’est pas prêt de s’arrêter là. Merci !