Zakk Wylde - Book Of Shadows II

Sorti de nulle part, ce nouveau volet acoustique de la carrière du grand Zakk a été accueilli comme une bonne surprise. Lui qui n’a jamais hésité à s’autoriser des respirations moins électriques entre le cycle tournée/album de Black Label Society. Il faut dire aussi que le premier Book Of Shadows était une vraie réussite et a laissé un très bon souvenir aux fans du protégé d’Ozzy Osbourne.

Et on peut dire d’entrée que le grand blond n’a pas lésé ses fans car ce nouvel album contient quatorze titres pour une durée de plus d’une heure. Une longueur certaine qui pourra venir à bout du plus gaillard d’entre vous tant lors des premières écoutes on dirait presque que le dernier guitar hero est tombé dans la facilité. On a l’impression que le bonhomme a écrit quatorze ballades qui deviennent lassantes au bout de cinq ou six d’entre elles. Ne vous méprenez pas, j’adore les ballades, elles me rappellent qu’au fond j’ai un cœur d’artichaut et que l’amour c’est beau (cette dernière phrase vient directement du dernier ouvrage de Patrick Sébastien). Comme pour apprécier un bon vin (ou le dernier Faith No More) il faut du temps et de l’attention pour capter toutes les bonnes choses que tonton Zakk a composé sur ce Book Of Shadows II. Les conditions d’écoute sont ici plus que jamais extrêmement importantes, il suffit de ne pas être concentré sur chaque note du grand blond pour passer à côté des immenses qualités de ce nouvel essai acoustique. Comme ce « Lost Prayer » au feeling plus sudiste, ou encore le magnifique solo de « Darkest Hour » sûrement l’un des plus beaux du Wylde mais aussi « The King » sur lequel le bougre ressort le piano pour un superbe résultat. Il faut dire aussi que si l’on n’écoute pas attentivement les arrangements de percussions et de claviers (bien souvent proches de l’orgue Hammond), ceux-ci sont très proches les uns des autres. Dommage que la collaboration tant attendue entre Zakk et Corey Taylor passe complètement inaperçue tant le second a été perdu dans le mix sur « Sleeping Dogs ». Car si le géant chante fort bien tout au long du disque, la voix du frontman de Slipknot aurait apporté un vent de fraîcheur bienvenu. Reste que de nombreux refrains restent en tête et ne vous quitte pas de la journée après s’être réveillé en douceur au son de « Tears Of December », « Lay Me Down » ou « Lost Prayer » pour ne citer que ceux qui m’ont le plus marqué.

A savourer seul ou entre amis lors d’une soirée posée, à écouter paisiblement lorsque l’on se rend à la pêche avec papy, à siroter dans l’herbe un jour de soleil sans penser à demain. Ce Book Of Shadows II s’il n’atteint pas la maestria de son prédécesseur est un beau moment de grâce subtile comme Zakk sait en proposer.