Zeus ! - Motomonotono

 

Fondé en 2009 à Bologne, Zeus ! est un duo noise complètement barré qui souhaite s'affranchir de toutes les étiquettes possibles. Déjà auteur de deux albums, Zeus (2010) et Opera (2013) et de plusieurs tournées européennes, Motomonotono est leur nouvelle livraison pour lequel ils vont tourner jusqu'à la fin janvier.

Line-up :

Luca Cavina (chant/basse)

Paolo Mongardi (batterie)

 

Il y a peu Arno Strobl (CinC, We All Die (Laughing), ex-Maladaptive, ex-6h33, chroniqueur chez Rock Hard) le disait il y a peu dans une interview pour notre petit webzine : « dans l'avant garde on met ce que l'on veut ». On parle souvent d'avant garde face à une formation plus folle que d'autres, qui sans forcément chercher à repousser les limites créé un son en marge. Zeus ! est de ceux là.

Duo plus noisy que le noise lui même, les italiens ne sont pas du genre à donner des répères à leur auditoire. Bien sûr au fil Motomonotono chacun saura reconnaître des styles bien différent les uns des autres mais voilà un album unique en son genre. L'intensité est telle qu'il est difficile de l'écouter d'une traite. La dimension très épurée (pour un peu on croirait que la batterie est juste à côté de soi) de cet album et son intensité en font un bloc parfois très agressif. L'enchaînement parfois sans temps mort donne même l'impression d'une longue jam de 45 minutes que le duo aurait enregistré d'une traite avec un micro dans une cave lugubre. On ressent bien souvent une approche punk voir grindcore qui en rebutera plus d'un, les rares moments de chant n'étant que des hurlements qui se couplent à la basse pleine de disto de Luca Cavina.

Si le duo garde un souffle punk son niveau technique est juste à couper le souffle. Suffit d'écouter « Forza Bruta Ram Attack » qui passe du jazz à des blast beats effrenés en toute quiétude. La plus grande question à la fin de ce troisième album est d'ailleurs comment Paolo Mongardi fait il pour se rappeler de tout ce qu'il joue et lui arrive-t-il de tomber dans les pommes à la fin de ses concerts ? Seules respirations du disque « Panta Reich » et « Shifting » (avec son approche martiale bien heavy) prouvent que les « ritals » savent aussi se faire plus posés et dieu sait que cela fait du bien dans tout ce chaos.

L'esthétique du groupe suit cette folie avec cette pochette montrant deux boucs sur le point d'entrer en collision ou encore cette photo promo montrant les deux barbus barbotant sous des nénuphars (que vous pouvez voir ci-dessus). Les titres sont eux aussi assez barrés et parfois très drôle comme ce « All You Grind Is Love » ou encore « Rococock Fight » (deuxième preuve d'un amour prononcé pour les animaux de la basse cour?).

Intense et complètement fou Zeus ! est une énigme qui plaira aux musiciens les plus barrés et aux fans de musique destructurée, hypnotique et dissonante. Pas à mettre dans toutes les oreilles mais clairement une belle découverte esthétique tant dans le son que dans le visuel.