Zlang Zlut - Zlang Zlut

Formation des plus atypiques, Zlang Zlut est un duo batterie/violoncelle de Bâle en Suisse. Deux professeurs de musique classique qui ont décidé de s'associer pour monter un groupe de rock'n'roll en 2010. Un an plus tard et après de pas mal de concerts, les bougres sortent un premier EP (Take A Bow) qui amène aujourd'hui à ce premier opus éponyme.

Line-up :

Fran Lorkovic (chant/batterie)
Beat Schneider (violoncelle)

Il y a peu Frederyk Rotter, chanteur de Zatokrev et boss du label Czar Of Crickets, balançait un petit coup de gueule. Pas un grand communiquant sur sa page personnelle (encore moins sur les groupes de son catalogue) le bougre soulignait l'étrangeté de ne voir que 200 fans aimer la page de Zlang Zlut. «Je ne crois pas en cette histoire de likes mais il est quand même incroyable que cet excellent groupe en ait moins que des photos de châtons.»

Et à l'écoute de Zlang Zlut on ne peut que comprendre son étonnement. Car le duo violoncelle/batterie (je le rappelle) pratique un excellent rock'n'roll groovy, entraînant parfois plus lourd qui devrait plaire aux fans de Clutch ou encore de Soundgarden. L'utilisation du violoncelle permet au groupe d'avoir une signature sonore unique sans avoir recours à des sons issus du classique, sauf sur la ballade «Through Your Hands» et sur le superbe final «Lord Knows».

Beat Schneider délivre ainsi des solos résolument distordus qui et son intrument conserve un grain qui donne clairement un côté old school à Zlang Zlut. Les refrains sont ultra soignés et l'on se prend rapidement à les reprendre avec plaisir («Rock It Down», «Mad», «Raptor»), Fran Lorkovic (chant/batterie) délivre des harmonies vocales qui rappellent les 90's et notamment Chris Cornell (Soundgarden) sur «Flood» par exemple (dont le riff plus lourd évoque lui aussi les américains). On retient aussi «Danger» au feeling plus bluesy qu'on peut rapprocher d'AC/DC dans l'esprit. Pour ne rien gâcher l'album évite l'écueil de la longueur en ne proposant que dix titres pour quarante minutes de musique. «All killer, no filler» comme disent les compatriotes de l'Oncle Sam.

A noter pour nos amis nordistes (et je sais qu'ils sont nombreux) que le groupe a d'hors et déjà une date calée à Lille avec Karma To Burn (à la Péniche le 3 octobre). Et si vous êtes simplement fan de bon hard rock il serait dommage de ne pas jeter une oreille à cet excellent projet qui au delà de la technique ahurissante de ses deux membres n'en demeure pas une putain de machine à groover.