ZAANG - Perdition

ZAANG fait partie de ces groupes Underground du Nord/Pas-de-Calais qui se sont affirmés au fil des années. Les nombreuses performances qu'a données la formation dans la métropole lilloise ont bien démontré leur volonté de sortir du lot ! Et pourquoi ne pas confirmer cette consécration en publiant un premier album en partenariat avec le label indépendant M&O Music ? C’est dorénavant chose faite avec ce Perdition teinté de bien des couleurs ! 

Comme il est plaisant de constater dès les premières secondes de « Machine » que la troupe à Michael Kozlowski n’a pas pris leur entreprise à la légère. Il faut dire que les Nordistes ont prévilégié la qualité à la quantité en prenant le temps de composer et de peaufiner leurs morceaux ! Chaque plage sonore permet de considérer le fruit de l'union entre ces musiciens et Simone Mularoni (DGM). Quand la production de « Machine » mettra en avant quelques sonorités électroniques, celle de « Madoff » revêtira le morceau d'une couche de Thrash Metal

Vous l’aurez donc compris, l’album est riche. Tout ça grâce à une ouverture d’esprit assez conséquente qui a permis à chacun des membres de s’exprimer comme bon leur semble. Néanmoins, il ne s'agissait pas là de faire un pot pourri de toutes leurs influences. Au contraire, les ZAANG ont réussi à faire la symbiose de ces éléments afin d'en faire ressortir une musique innovante et variée. Les titres « Dégage » et « Je Suis le Roi » illustrent bien cela ! On y retrouve toutes les inspirations du groupe: comprenez donc une sorte de Metal Futuriste associé à du Djent en passant par du Metal Progressif

Sortir un album pour ces Nordistes, c’était également l’occasion rêvée d’immortaliser les prouesses techniques acquises au fil des années. « Madoff » peut être considéré comme ce genre de titres qui grave dans le marbre ces appropriations. Ses parties de guitare effrénée et hyper technique qui peuvent décontenancer tous les apprentis en herbe n'y sont pas pour rien !  

Mais avec cet album, ZAANG tenait également à varier les intonations dans le but de surprendre ses auditeurs. La preuve avec le deuxième mouvement du titre « Tombe de Haut » qui est assez remarquable en soi. Pourquoi ? Car il met en avant des notes de basse frappées à des parties de clavier souvent amorphes. Cette association installe une ambiance qui reste bien en tête, et ce pendant longtemps ! 

Bien sûr, il y a ces éléments qui peuvent rebuter à la première écoute. Les cris en Français de Jérôme Delhaye, bien qu’ils soient très expressifs et assez pertinents, peuvent renfrogner les non-partisans de la cause Metallique chantée dans la langue de Molière. Et pourtant, ces détracteurs auront tord. Car ces flux de paroles s'associent à merveille avec l’univers progressiste et chaotique de ZAANG sur les passages rythmiques de « Je Suis le Roi » et « Dégage ». 

Avec Perdition, les ZAANG ont réussi à s’imposer là où personne les attendait ! Le sextet a bien évolué et ne ressemble plus au groupe que l’on pouvait voir en concert, il y a encore quelques années de ça. La motivation sans borne de ces alchimistes a payé. Car eux qui  n'aspiraient qu'à une seule chose, créer une musique innovante et hors norme, sont arrivés à leur fin ! Bravo !